Manger de la viande végétale, une solution efficace pour lutter contre le changement climatique ?

par Audrey LE GUELLEC avec AFP
Publié le 12 septembre 2023 à 20h15

Source : Sujet TF1 Info

Les alternatives végétales à la viande et au lait seraient bénéfiques pour la nature et le climat, selon de nouveaux travaux.
Les auteurs ont simulé des scénarios de changements d'alimentation en partant de recettes à base notamment de protéines de soja ou de haricots secs.
Ils ont observé "une réduction substantielle des impacts environnementaux mondiaux d'ici à 2050".

D'une pierre deux coups ? Si certains amateurs de substituts végétaux à la viande et au lait ont coutume de mettre en avant les bénéfices - que l'on sait aujourd'hui relatifs - de cette alternative pour la santé, une nouvelle étude tend à montrer qu'elle profiterait de façon notable à la nature et au climat. 

Publiée ce mardi dans Nature Communications, cette dernière conclut qu'il est possible de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre agricoles et la destruction des espaces naturels en diminuant de moitié la consommation de viande et de produits laitiers, au profit des nouveaux aliments alternatifs, fabriqués à base de plantes ou de champignons. 

"Les viandes végétales ne sont pas juste un produit nouveau, c'est aussi une opportunité critique pour atteindre tout à la fois les objectifs climatiques et de sécurité alimentaire, de santé et de biodiversité dans le monde", a souligné Eva Wollenberg, de l'université du Vermont, coautrice de l'étude.

Des émissions en chute de 31% en 2050 par rapport à 2020

Pour arriver à ces résultats, une équipe internationale s'est penchée sur les bénéfices environnementaux de la consommation des nouveaux substituts végétaux qui peuvent remplacer les principaux produits d'origine animale. Les auteurs ont simulé des scénarios de changements d'alimentation sur la base de recettes végétariennes, contenant par exemple des protéines de soja ou des haricots secs, censées offrir les mêmes apports nutritionnels que les produits animaux.

"Nous observons une réduction substantielle des impacts environnementaux mondiaux d'ici à 2050, si 50% des principaux produits animaux (porc, poulet, bœuf et lait) sont substitués", concluent ces derniers. Plus en détail, les émissions de gaz à effet de serre issues de l'agriculture et de l'utilisation des terres seraient en chute de 31% en 2050 par rapport à 2020, alors qu'il est actuellement prévu qu'elles augmentent avec la croissance démographique et l'augmentation des revenus. La réduction nette de la taille des forêts et des terres naturelles serait pour sa part "quasiment totalement arrêtée".

Le remplacement du bœuf le plus vertueux

Le déclin des émissions serait pour bonne partie le fruit d'une réduction de la quantité de méthane (CH4) - ce gaz à effet de serre puissant est produit lors de la digestion des ruminants - relâchée dans l'atmosphère. C'est le remplacement du bœuf qui serait le plus vertueux, selon les chercheurs.

Autres bénéfices des alternatives végétales mis en évidence par cette étude : la réduction du recours aux engrais azotés, le déclin de l'usage de l'eau pour l'agriculture ou encore une diminution de la malnutrition dans le monde.

Les auteurs reconnaissent toutefois volontiers que l'élevage fait aujourd'hui vivre de nombreuses personnes, pauvres notamment, et qu'il faudra une intervention des pouvoirs publics pour assurer une "transition" socialement juste et durable des systèmes alimentaires.


Audrey LE GUELLEC avec AFP

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