Linky : on en sait plus sur le futur test de réduction de la consommation électrique

Publié le 24 novembre 2023 à 11h58, mis à jour le 24 novembre 2023 à 17h00

Source : JT 20h Semaine

Annoncée en octobre, l'expérimentation qui vise à tester l'effet d'une limitation de puissance électrique dans 200.000 foyers se précise.
Les participants, équipés de compteurs Linky, devront réduire leur consommation pendant deux heures, en échange d'une prime de 10 euros.
Ceux qui ne souhaitent pas participer doivent se signaler à Enedis, la zone géographique du test est toujours en cours de définition.

Réduire sa consommation et voir ce qu'il se passe, c'est un peu l'idée de l'expérimentation lancée par l'État sur 200.000 foyers. "Très concrètement, cette expérimentation viserait à limiter la puissance électrique disponible chez des clients résidentiels à une puissance permettant de garantir le maintien de l’éclairage et des équipements clés (réfrigérateur, congélateur, recharge d’un téléphone) pendant deux heures, sur une zone donnée", précise le ministère de la Transition énergétique.

Et d'ajouter, confirmant une information de RMC : "Les participants de la zone concernée toucheraient une prime de 10 euros pour les deux heures concernées. Ceux refusant d’y participer pourraient se signaler à Enedis pour être sortis de l’expérimentation." Ce test, qui vise à "mesurer l’impact sur la consommation électrique d’un tel dispositif, ainsi que ses avantages et ses inconvénients"n'est donc pas obligatoire. Les patients à hauts risques sont exclus de l’expérimentation.

La zone géographique en cours de débat

Où va-t-il se dérouler ? On l'ignore pour l'heure. "Les consultations se poursuivent sur ce point, avec les experts (pour avoir notamment une expérimentation la plus riche possible en matière de diversité territoriale), ainsi qu’avec les élus", précise le ministère. Ce projet de décret sera soumis à l’avis du CSE le 30 novembre.

Si ce test est conclusif, "cela pourrait constituer un nouvel outil hors marché pour retarder le moment d’une coupure totale de réseau sur un poste source – comme le prévoit la réglementation en vigueur depuis plus de 30 ans – en cas d’incident entraînant une tension extrême sur le réseau", précise encore le ministère, qui rappelle que la France "aborde l'hiver dans de bien meilleures conditions que l’hiver dernier."

Ce mécanisme, qui s'appuie sur le compteur communicant Linky, ne serait activé que "si tous les autres leviers pour soulager le réseau étaient insuffisants pour éviter une coupure d'électricité généralisée (black-out)" : donc une fois toutes les capacités de production nationale mobilisées, la capacité d'importation saturée, tous les moyens d'effacement mobilisés, l'interruptibilité des industriels mise en œuvre, la baisse de tension sur le réseau de distribution mis en œuvre (sans impact sur la consommation). "Pour rappel, ces cas de figure ne se sont jamais produits, y compris l'hiver dernier", insiste encore le ministère.

Il s'agit donc d'une sorte de répétition générale au cas où, un jour, le pire scénario se produise. Pourquoi en hiver ? "Pour que l’expérimentation soit probante, il faut la mener pendant un pic de consommation. Il est donc logique d’envisager une telle expérimentation en hiver plutôt qu'en été", répond le ministère de la Transition énergétique, jugeant que cette expérimentation sur 200 000 foyers volontaires permettra, à terme, de "construire un système électrique plus résilient qui nous permette à chaque instant d’alimenter en électricité nos concitoyens".


Marianne ENAULT

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