Confinement : la baisse de la pollution de l'air aurait évité des milliers de morts en Europe

Publié le 30 avril 2020 à 18h26
La centrale à charbon de Belchatow, en Pologne.
La centrale à charbon de Belchatow, en Pologne. - Source : iStock

POLLUTION - Responsable de près de 400.000 décès prématurés chaque année, la pollution de l'air a baissé drastiquement en Europe depuis la mise en place du confinement. Cette diminution aurait épargné 11.000 morts depuis un mois, selon une étude publiée jeudi 30 avril.

La baisse observée de la pollution de l'air sur le continent européen aurait permis d'éviter 11.000 décès prématurés depuis un mois, selon une étude du Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA), publiée ce jeudi 30 avril. Chaque année sur le continent, 400.000 décès seraient causés prématurément à cause de la pollution atmosphérique, estime l'Agence européenne de l'environnement. Dans le monde, cette pollution serait responsable de 4,2 millions de morts par an, d'après l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

En Europe, les mesures de confinement mises en place depuis la mi-mars ont considérablement ralenti l'économie et fait chuter la production d'électricité provenant du charbon de 37% et la consommation de pétrole d'un tiers au mois d'avril. En conséquence, les concentrations de dioxyde d'azote (NO2) ont été réduites de 40% dans l'air et celles de particules fines PM2,5 de 10% ce mois-ci, ont indiqué les chercheurs de cet organisme de recherche indépendant. 

L'Allemagne la plus épargnée

En Europe, c'est l'Allemagne qui aurait évité en avril le plus de morts prématurées liées à la pollution atmosphérique, puisque l'étude dénombre pas moins de 2083 décès épargnés outre-Rhin. Suivent le Royaume-Uni, (1725 décès), l'Italie (1490), la France (1230) et l'Espagne (1081). Pour chiffrer la baisse de la mortalité, l'étude s'appuie sur l'impact de la production et la consommation des énergies fossiles sur la santé humaine. 

Le CREA constate également que cette diminution des émissions aurait empêché l'apparition de problèmes de santé, tels que 6000 nouveaux cas d'asthme chez les enfants ou encore 600 naissances prématurées, mais aussi 1,3 million d'absences au travail et 1900 passages aux urgences. 

Maria Neira, directrice du Département de la santé publique et de l'environnement de l'OMS, a réagi à cette étude en considérant que ces éléments devaient être désormais pris en compte par les dirigeants dans leurs plans de relance économiques. Si la plupart des experts se satisfont aujourd'hui des bénéfices environnementaux du confinement, ils sont nombreux à alerter sur le risque que ferait peser sur le climat une relance de l'économie régie par les mêmes principes qu'avant et fondée notamment sur la production d'énergies fossiles. 

"Il est vital pour les décideurs européens de donner la priorité à l'énergie propre et aux transports propres, dans le cadre des plans de sortie de crise", ont conclu les auteurs de l'étude.


La rédaction de TF1info

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