Tandis la planète surchauffe, l'Agence internationale de l'énergie a indiqué que la consommation internationale de charbon a atteint un record historique en 2022.
Une hausse alimentée par la consommation grandissante de la Chine, de l'Inde et de l'Asie du sud-est.
En réponse, l'organisation appelle à "accélérer la croissance de l'énergie propre".

Alors que le mercure atteint des sommets dans de nombreuses régions du monde, la consommation de charbon à travers le monde grimpe vertigineusement. Elle a atteint un "plus haut historique" en 2022 et devrait de nouveau flirter avec un "niveau record" cette année, a indiqué, jeudi 27 juillet, l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Une mauvaise nouvelle pour le climat, puisque la combustion du charbon émet dans l'atmosphère une large part du CO2 responsable du réchauffement de la planète. Dans le même temps, l'ONU et l'observatoire européen Copernicus ont confirmé que le mois de juillet 2023 sera "très certainement le plus chaud jamais enregistré" sur la planète.

L'an dernier, la consommation de charbon "a augmenté de 3,3%, à 8,3 milliards de tonnes", ce qui marque un nouveau record, indique le rapport de l'AIE. Au premier semestre 2023, l'Agence estime à environ 1,5% la croissance de la demande mondiale en charbon, à 4,7 milliards de tonnes. Elle est notamment encouragée par la baisse des cours, revenus au niveau de 2021. 

L'Asie consommera bientôt les trois quarts du charbon mondial

L'organisation internationale souligne toutefois de grandes disparités géographiques. La Chine, l'Inde et l'Asie du sud-est consommeront ensemble environ trois quarts du charbon mondial cette année, une "forte croissance" qui "dépasse les baisses" enregistrées ailleurs, selon l'Agence. 

L'Europe et l'Amérique du Nord, qui monopolisaient 40% du charbon mondial il y a une trentaine d'années, ne représentent de leur côté désormais plus que 10% de la demande. Sur le continent européen, le recours au charbon dans les centrales électriques devrait encore s'affaiblir fortement cette année, au fur et à mesure que se développent les énergies renouvelables, peu émettrices de gaz à effet de serre, et au fil de la reprise du nucléaire et de l'hydroélectricité, ajoute le rapport. 

Depuis le début de l'année, l'AIE estime le recul de la demande de charbon à 16% en Europe et à 24% aux États-Unis, pays où il est accentué par la baisse des prix du gaz naturel. Mais en Chine, et en Inde, les deux principaux pays consommateurs, la consommation a progressé de plus de 5% en six mois, "ce qui a plus que compensé les baisses observées ailleurs", selon l'AIE.

Sur le plan industriel, le charbon est notamment utilisé par les sidérurgistes pour la fabrication d'acier. Le deuxième sidérurgiste mondial ArcelorMittal, qui a publié ses résultats semestriels jeudi, a indiqué qu'il s'attendait à une croissance de 6 à 8% de la consommation d'acier en Inde cette année. Pour la Chine, il prévoit une quasi-stagnation de la consommation d'acier. "En 2023 et 2024, les petits reculs enregistrés dans le monde sur l'utilisation du charbon pour alimenter des centrales électriques seront compensés par une augmentation de son utilisation dans l'industrie", explique l'AIE.

Face à ces constats, elle souligne "la nécessité de politiques et d'investissements plus solides pour accélérer la croissance de l'énergie propre". "Nous avons besoin de plus d'efforts politiques et d'investissements - soutenus par une coopération internationale plus forte", plaide son directeur des marchés de l'énergie et de la sécurité, le Japonais Keisuke Sadamori, en vue de "réduire la demande de charbon dans les économies où les besoins énergétiques augmentent rapidement".


M.L avec AFP

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