Initiatives environnementales

Thalassothérapie : les Thermes Marins de Saint-Malo s’engagent pour l’environnement

Publié le 30 novembre 2022 à 9h00
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Zéro plastique, baisse du chauffage, recyclage généralisé…
Le centre de thalassothérapie et spa des Thermes Marins de Saint-Malo fait de la réduction de son empreinte carbone une priorité.
Après un bilan complet de développement durable, le groupe Raulic a mis au point une stratégie sur plusieurs années pour réduire sa consommation énergétique et limiter ses déchets.

11 %. Il s’agit de la part des émissions de gaz à effet de serre émis par le secteur du tourisme en France. Une étude, élaborée avant la pandémie du Covid-19 par l’Agence pour la transition écologique (ADEME), montre que le secteur génère 118 millions de tonnes d’équivalent CO2 chaque année. Les trois quarts de ces émissions proviennent du transport (l’avion en supporte la moitié). Loin derrière, on trouve l’hébergement, les achats de biens touristiques ou encore la restauration. Or, si la France compte respecter l’objectif de neutralité carbone fixé par la loi, ce secteur doit améliorer sa sobriété et son efficacité énergétique.

Le parc hôtelier, cafés et restaurants représentent environ 7 % de l’ensemble des bâtiments tertiaires en France. Selon ce rapport de l’ADEME, ces bâtiments consomment 241 kWh par m² et par an, environ deux à trois fois plus qu’un logement classique. Les vacanciers, en quête de besoin maximal, ont tendance à surconsommer (lumière, température, électricité, eau, etc.) lors de leurs séjours, utilisant une quantité d’énergie nettement supérieure par rapport à leurs habitudes. Par exemple, un client fait couler environ le double de litre d’eau à l’hôtel par rapport à son domicile. 

En Bretagne, sur la côte d’Émeraude, Saint-Malo vit essentiellement du tourisme. Hébergements, restaurants et stations thermales structurent la ville. Rien que l’emblématique groupe Raulic dispose de 7 hôtels et 3 résidences de tourisme, du centre de thalassothérapie et spa des Thermes Marins, d’un golf international ou encore de 3 centres Aquatonic. Conscient de ses limites environnementales, le groupe réalise en 2019 un état des lieux et s’engage vers une sobriété énergétique et une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre.

Un audit pour mesurer les différents impacts des activités

Avec l’aide de l’ADEME et de Carbone 4, cabinet de conseil sur les enjeux énergie et climat fondé en 2007 par Jean-Marc Jancovici, le groupe Raulic effectue un inventaire des équipements pour connaître précisément ses consommations. Chauffer l’eau des thermes et les chambres, arroser le terrain de golf, nettoyer le linge de l’hôtel ou préparer des repas. Autant d’activités qui consomment de l’énergie et produisent des déchets. Olivier Raulic, directeur général du groupe, reconnaît que ses activités posent des problèmes environnementaux : "L’audit a permis à tous les employés du groupe de mesurer notre impact sur le climat, nos consommations d’eau et de ressources non-renouvelables (énergie), la part des produits bio ou éco-labellisés dans les approvisionnements de l’hôtel. Nous nous sommes demandé comment mieux consommer et nous nous sommes donné trois objectifs : restreindre les impacts environnementaux de nos établissements avec des actions concrètes, réduire nos émissions de gaz à effet de serre et celles de notre entourage (fournisseurs, partenaires, clients, salariés) et investir dans des modes de fonctionnement sobres."

Le groupe ne s’impose pas d’exigences chiffrées. Il ambitionne sur plusieurs années de "tendre vers la neutralité carbone et la réduction de la consommation de ressources". L’équipe dirigeante a listé près de 450 actions concrètes à mener : "Le tiers fonctionne déjà. Il s’agit de changer les mousseurs dans les salles de bain pour réduire le débit d’eau, par exemple. D’autres prennent davantage de temps (isolation ou remplacement des chaudières)", complète Olivier Raulic. Les 35 000 touristes accueillis chaque année dans les établissements du groupe commencent également à se préoccuper du développement durable sur leur lieu de vacances. "De plus en plus de monde est aussi exigeant chez nous que chez eux. Ils veulent faire le tri des poubelles pour éviter de perdre leurs habitudes. Je suis convaincu que les touristes finiront par choisir leur lieu de vacances en fonction d’arguments environnementaux", parie le directeur général du groupe.

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Le plastique n'emballe plus les clients

La stratégie de réduction des déchets et de la consommation d’énergie implique toutes les sphères du groupe et touche tous les domaines. Cuire avec des plaques à induction, installer des détecteurs de présence pour déclencher la lumière, éliminer les plastiques à usage unique, généralisation du compost, chargeur pour les véhicules électriques, toit de panneaux solaires installés sur la future blanchisserie, etc. "Nous supprimons tout emballage pas nécessaire à l’usage. Nous avons remplacé les films plastiques qui recouvrent les clients pendant leur soin par des enveloppes en fécule de pomme de terre. Plus agréables au touché, elles sont biodégradables et partent directement au compost après utilisation", se félicite Olivier Raulic. Le directeur général recense également le recyclage des savons, si problématiques pour les hôtels, souvent distribués dans des sachets plastiques et jetés au départ des occupants. "Une partie importante du grammage fini à la poubelle. Nous envoyons nos restes de savons en Alsace à une association partenaire qui les réhabilitent", poursuit le fils du fondateur des thermes marins.

Entre 2014 et 2019, avant même la réalisation de l’audit, les Thermes Marins et le Grand Hôtel des Thermes avaient déjà réduit leur consommation électrique de 7,8 %, malgré une augmentation de la fréquentation de 6,6 % sur cette même période. Certes, des obligations liées par exemple à l’eau chaude des bains limiteront toujours les efforts des thermes. Mais les ambitions du groupe peuvent finir par faire la différence.


Geoffrey LOPES

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