COP26 à Glasgow : nouveau sommet crucial pour le climat

Changement climatique : quels effets concrets pourrait-on constater en France d'ici à 2050 ?

Aurélie Loek
Publié le 3 novembre 2021 à 16h51
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L'essentiel

CONSÉQUENCES - Tandis que la COP26 se tient à Glasgow, le changement climatique a déjà un impact durable sur la planète. Il pourrait transformer considérablement le territoire français, selon les projections scientifiques actuelles. Tour d'horizon.

À quoi va ressembler le pays d’ici à l’horizon 2050 ? Alors que les dirigeants des différents pays du monde se retrouvent à Glasgow pour la COP26 et tentent de prendre des décisions politiques internationales pour parvenir à limiter le changement climatique, des événements climatiques commencent déjà à transformer durablement les territoires, dont la France. A quoi ressemblent et vont ressembler ces changements ?

En se basant sur les données du résumé à l’intention des décideurs et du résumé technique rédigés à partir du dernier rapport du Giec rendu public en août dernier, voici ce qui pourrait attendre le territoire français d’ici à 2050, à travers plusieurs facteurs d’impact climatique, si la température globale de la planète augmente de 2 °C. 

Dans ce rapport, la France métropolitaine a été divisée en deux parties : le Sud, inclus dans un territoire plus vaste intitulé "région méditerranéenne" et la partie nord du pays, incluse dans la région "Europe de l’Ouest et centrale".

Le sud de la France et la côte atlantique en proie aux flammes

C’est une image qui a marqué notre été et qui devrait très probablement se répéter à l’avenir. Avec une hausse de la température globale de 2 °C, la moitié sud de la France devrait être en proie à une forte hausse de température. Des villes comme Nîmes ou encore Montpellier, pourraient être particulièrement touchées, devenant de véritables îlots de chaleur, selon l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC). 

Cette hausse des températures devrait s'accompagner d'une réduction des précipitations, créant les conditions pour des sécheresses et des risques d’incendies très forts. D’autant qu’il est également probable que les régions soient aussi touchées par d’importantes tempêtes, ce qui pourrait accroître la propagation d’éventuels feux. 

Du côté des rendements agricoles, selon l’Agence européenne de l’environnement, ce sont surtout les cultures situées dans le sud-ouest de la France qui pourraient pâtir de ces changements climatiques, avec une baisse de rendement estimée entre 0,5 et 10%, alors même que l’Occitanie produit près de 20% des fruits et représente 36% de la production viticole aujourd'hui en France.

Forts épisodes de pluie et inondations dans le nord du pays

À nouveau, les pluies et inondations de cet été sont amenées à se reproduire dans les années à venir dans la partie nord du pays, incluse dans cette région plus globale nommée "Europe de l’Ouest et Europe centrale" par le Giec, en cas d’une hausse de température globale de 2%. L’augmentation globale de la température avec d’importantes périodes de chaleur n’empêcheront pas les épisodes de pluie intense provoquant des inondations. 

La probabilité d'une montée des eaux des fleuves est également forte, notamment de la Seine, du Rhône ou de la Loire, ce qui aura des conséquences en particulier dans les villes que ces courants traversent. Une carte réalisée par l’Agence européenne de l’environnement prévoit ainsi entre 2071 et 2100 un risque d'inondations de 22% de la ville d’Avignon ou encore de 20,47% de celle de Rouen.

Selon le dernier rapport du Giec, un risque de sécheresse agricole et écologique est également probable. Selon l'Agence européenne de l'environnement, les régions agricoles qui pourraient le plus en souffrir sont le Centre-Val de Loire et la Normandie, avec des baisses de rendements estimées entre 0,5% et 10%. La région Centre-Val de Loire en particulier souffre déjà de pertes agricoles ces dernières années du fait du changement climatique, manquant notamment d'eau.

La montée des eaux sur les côtes

Selon le dernier rapport du Giec, toutes les régions côtières, que ce soit la façade atlantique, la côte méditerranéenne ou les rivages en Outre-mer, sont menacées par la montée des eaux de la mer. Selon les endroits, les eaux devraient encore monter de 0,25 à 0,4 mètre d'ici à 2050. 

Cela risque très probablement de provoquer une érosion des falaises pour certains territoires, rendant très probable des inondations sur ces côtes. Des risques de submersion sont également forts probables. Par ailleurs, la Martinique, la Guyane la Réunion ou encore la Guadeloupe pourraient aussi être plus fréquemment en proie à des épisodes de cyclones.

Cette transformation du territoire français d'ici à 2050, plus sujet donc à des épisodes climatiques extrêmes, pourrait cependant être accentuée en cas de scénario plus pessimiste encore, avec une hausse de la température globale qui dépasserait les 2 °C. 

Si de nombreux changements, comme la montée du niveau global de la mer, pourraient s'avérer irréversibles, d'autres peuvent être ralentis voir arrêtés en limitant le changement climatique, notamment en atteignant la neutralité carbone, d'après le dernier rapport du Giec. En France, le ministère de la Transition écologique avait annoncé en avril dernier vouloir atteindre cet objectif d'ici à 2050.