COP26 à Glasgow : nouveau sommet crucial pour le climat

Neutralité carbone, adaptation... Ces notions à connaître pour tout comprendre à la COP26

Caroline Quevrain
Publié le 31 octobre 2021 à 16h39
JT Perso

Source : TF1 Info

L'essentiel

CLIMAT – Pendant près de deux semaines, plus d’une centaine de dirigeants réunis à Glasgow (Écosse) vont tenter de s’accorder sur de nouveaux objectifs en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. De la neutralité carbone à l’adaptation, plusieurs sujets déterminants seront abordés.

La Conférence des Parties peut être considérée comme la grande messe annuelle sur le climat, organisée sous l’égide de l’ONU, réunissant plus de 3000 participants (dirigeants, scientifiques, militants, société civile) et servant d’espace de négociations. Cette 26e COP sera donc le lieu où, pendant 13 jours à Glasgow, des sujets attenants à la crise climatique seront discutés, allant du gaz à effet de serre à la relance verte post-pandémie en passant par la neutralité carbone, l’un des objectifs à atteindre à l’horizon 2050 pour certains, 2060 pour d’autres. Voici quelques termes et notions à assimiler pour pouvoir suivre ce sommet mondial sur le climat.

1,5 degré celsius

C’est l’objectif de l’Accord de Paris, acté en 2015. Au terme de la COP21 organisée dans la capitale française, 196 pays se sont engagés à limiter d’au moins 1,5°C la montée des températures d’ici à 2100 par rapport à 1850, la période préindustrielle. Pour poursuivre cette ambition, tous les États se sont fixés des niveaux de réductions de leurs émissions de gaz à effet de serre, à renouveler et intensifier tous les cinq ans. 

Mais à la veille de cette nouvelle COP, ses organisateurs préviennent à nouveau dans un communiqué que les objectifs annoncés à Paris ne permettront pas, même s’ils étaient respectés en fin de compte, d’endiguer le réchauffement de la planète supérieur à 3°C. Pour limiter cette hausse à 1,5°C, il faut à tout prix atteindre des émissions nettes de carbone nulles d’ici au milieu du siècle, l’un des engagements prévus par l’Accord de Paris. 

Neutralité carbone

2050, 2060… De l’Union européenne à la Chine, chaque signataire de l’accord de 2015 s’est fixé une échéance pour parvenir à la neutralité carbone. Notion souvent utilisée dans le jargon du réchauffement climatique mais peu explicitée, elle désigne en réalité un équilibre à atteindre. Celui entre le carbone émis par les activités humaines et le carbone de l’atmosphère absorbé par les puits de carbone, c’est-à-dire le sol, les forêts ou encore les océans. C’est d’ailleurs tout le problème des incendies de forêt, de plus en plus fréquents et dévastateurs aux quatre coins de la planète. En brûlant, les arbres et boiseries dégagent le carbone qu’ils stockent de manière naturelle et augmentent le niveau d’émissions de CO2. 

L’Accord de Paris, lui, évoque dans son article 4 "un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre". Si l’Europe vise la neutralité carbone d’ici à la moitié du siècle, la Chine ou l’Arabie Saoudite la promettent pour 2060.

Relance verte

Ce sommet sur le climat, reporté d’un an pour cause de pandémie, se tient justement au moment où les pays riches (et donc les plus pollueurs) ont relancé leur économie grâce à la large vaccination de leur population. Une reprise de la production et des activités qui doit se faire sous le prisme de la transition énergétique et avec une économie décarbonée, c’est à dire davantage d’investissement dans les énergies considérées comme propres, préviennent les scientifiques depuis de longs mois. C’était déjà l'inquiétude du chercheur du GIEC François Gemenne, en plein milieu de la crise au printemps 2020. Et pour cause, la part d’énergies fossiles reste encore très importante dans la relance économique de certains pays, comme la Chine ou l’Allemagne qui ne se sont pas décidées à fermer leurs centrales à charbon. 

Adaptation

C’est l’un des quatre objectifs à poursuivre de cette COP, fixés par son président britannique, le secrétaire d’État Alok Sharma. L’adaptation face à la crise climatique peut être vue comme toute action visant à réduire l’ampleur et l’intensité des aléas climatiques, comme les inondations ou les incendies, et à limiter les dommages qu’ils causent à la société. Des pays directement concernés par ces catastrophes climatiques militent d'ailleurs pour faire inscrire l'adaptation en tant qu'engagement à poursuivre. C'est le cas du groupe Afrique, qui souhaite que soit adopté au cours des négociations un "objectif global d’adaptation", en parallèle des objectifs de réduction d’émissions. 

"Lors de la COP26, nous devons travailler ensemble pour permettre aux pays touchés par le changement climatique de protéger et restaurer les écosystèmes, construire des défenses, mettre en place des systèmes d’alerte et rendre les infrastructures et l’agriculture plus résiliente afin d’éviter la perte d’habitations, de moyens de subsistance et de vies", assure de son côté le président de la COP26. Qui a donc dessiné trois autres engagements à suivre par les pays au long des négociations climatiques : la réduction des émissions, le financement et la collaboration.