Cop 28 : chaleur, pollution de l'air, maladies... Le climat déréglé nuit gravement à la santé

par M.G avec AFP
Publié le 26 novembre 2023 à 22h17

Source : Sujet TF1 Info

La 28ème Conférence des Parties sur le Climat de l'ONU (Cop 28) s'ouvre jeudi 30 novembre, à Dubaï.
Au cœur des débats à venir, les multiples conséquences néfastes du changement climatique sur la santé humaine.

C'est un sujet qui va occuper les discussions des prochaines décennies : le changement climatique. Chaleurs extrêmes, pollution de l'air, maladies infectieuses ou problèmes mentaux... Les effets négatifs sur la santé humaine sont aussi importants que diversifiés. Cela explique que la 28ème Conférence des Parties sur le Climat de l'ONU (Cop 28), qui débute le 30 novembre et doit durer jusqu'au 12 décembre prochain, dédiera pour la première fois une journée à ce sujet.

"Pour éviter des effets catastrophiques sur la santé et prévenir des millions de décès", il faut limiter la hausse moyenne de la température sur Terre à 1,5°C, l'objectif le plus ambitieux de l'Accord de Paris, estime ainsi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en accord avec d'autres experts sanitaires. Or la planète se dirige actuellement vers un réchauffement de 2,5°C à 2,9°C d'ici à 2100. En continuant sur cette trajectoire, l'humanité sera confrontée à des risques toujours plus variés et toujours plus importants. Les plus vulnérables et défavorisés, dont les enfants, les femmes, les personnes âgées, les migrants ou les habitants des pays les moins développés, y seront exposés plus vite et plus fort.

Pollution de l'air

La quasi-totalité de la population mondiale, environ 99%, respire un air qui dépasse les limites fixées par l’Organisation mondiale de la Santé. Cette pollution est liée à la présence de gaz, métaux lourds, particules et poussières, qui découle elle-même de l'exploitation d'énergies fossiles. Cette concentration de matériaux nocifs accroît le risque de maladies respiratoires, d'accidents cardiovasculaires, de diabète ou de cancers. Selon les scientifiques, une exposition à long terme produit des effets comparables, voire supérieurs, à ceux du tabac ou de l'alcool.

Conséquence directe, plus de quatre millions de personnes décèdent pour cette raison chaque année dans le monde, estime l'OMS. Et c'est un cercle vicieux : la pollution produit des gaz à effet de serre, qui accentuent le réchauffement climatique. Et ce même réchauffement climatique décuple les effets sanitaires de la pollution.

Vagues de chaleur

En 2022, les Terriens ont été exposés, en moyenne, à 86 jours de températures potentiellement mortelles. La chaleur éprouve les corps et font payer un lourd tribut aux plus vulnérables. Ainsi, le nombre de plus de 65 ans décédés à cause de la chaleur a bondi de 85% entre les années 1991-2000 et 2013-2022, selon un rapport de référence publié cette semaine par la revue médicale The Lancet.

La tendance est loin d'être à l'amélioration, car l'année 2023 s'annonce déjà comme la plus chaude jamais enregistrée. Près de cinq fois plus de personnes risquent de mourir dans le monde sous l'effet de la chaleur extrême d'ici à 2050. Dans la même idée, avec un réchauffement de 2°C d'ici à 2100, environ 520 millions d'humains supplémentaires se retrouveront en insécurité alimentaire modérée ou grave d'ici au milieu du siècle.

Santé mentale

La modification du climat représente aussi un risque pour la santé mentale, notamment chez les personnes souffrant de pathologies psychiques. Aux répercussions directes de catastrophes naturelles ou de canicules s'ajoutent des effets indirects croissants, comme l'écoanxiété, en particulier chez de jeunes adultes.

Maladies infectieuses

Enfin, énième épine dans le pied, et non des moindres comme a pu le montrer la pandémie du Covid-19, le dérèglement climatique accentue aussi la probabilité que surviennent des maladies infectieuses et parasitaires. Les températures deviennent favorables aux moustiques, oiseaux et autres mammifères impliqués dans des épidémies nées de virus (dengue, chikungunya, Zika, virus du Nil occidental...), de bactéries (peste, maladie de Lyme...), dans de plus en plus de régions du globe. Selon le Lancet, la transmission de la dengue pourrait ainsi bondir de 36% avec un réchauffement planétaire de 2°C d'ici à 2100. Autre exemple, les zones côtières deviennent plus propices à la transmission de la bactérie vibrio, à l'origine du choléra.


M.G avec AFP

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