COP26 à Glasgow : nouveau sommet crucial pour le climat

COP26 : quelle est cette "Grande muraille verte", dont Emmanuel Macron et le prince Charles doivent discuter ?

Y.R
Publié le 1 novembre 2021 à 9h18
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Source : TF1 Info

CLIMAT - À l'occasion de la COP26, Emmanuel Macron coprésidera avec le prince Charles et le président de Mauritanie une réunion dédiée à la "Grande muraille verte". Le mégaprojet, relancé en janvier 2021 lors du "One Planet Summit" vise, d'ici à 2030, à freiner le Sahara, grâce à la plus vaste plantation du monde.

C'est l'un des espoirs de l'Afrique pour l'avenir. Lancé en 2007, à l'initiative de l'Union africaine, le projet de "Grande muraille verte" a pour ambition de lutter contre la désertification et les effets du changement climatique dans onze pays d'Afrique. Elle se présente sous la forme d'une barrière végétale, un mur d'arbres de plus de 8000 kilomètres de long et 15 kilomètres de large, à cheval sur les territoires, de la côte Atlantique à la mer Rouge, du Sénégal jusqu'à Djibouti. Cette ceinture verte a pour objectif de reverdir le Sahara et freiner l'avancée du désert, qui détruit environ deux millions d'hectares de forêts par an.

Lundi 1er novembre, en marge de la COP26, organisée à Glasgow en Écosse, le président français Emmanuel Macron participera à un point d'étape sur l'avancée du projet, dont le financement a été relancé et repris en main en début d'année 2021. Y participeront également le prince Charles et Mohamed Ould Ghazouani, président de la Mauritanie et actuel président de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'Agence panafricaine de la "Grande muraille verte". 

Reverdir 100 millions d'hectares de terres dégradées

Car, plus d'une décennie après les premiers coups de pioche, ce mégaprojet tarde à sortir de terre. Un rapport exhaustif, commandé par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, estimait, en septembre 2020, qu'environ 4 millions d'hectares avaient été réhabilités dans les zones d'intervention entre 2011 et 2019. Or, comme l'expliquait le journal Les Échos, qui s'était procuré cet état des lieux, il faudrait que les pays partenaires restaurent quelque 10 millions d'hectares par an, pour tenir les objectifs titanesques fixés pour 2030, à savoir reverdir 100 millions d'hectares de terres dégradées.

"Seuls 4 millions d'hectares sont aménagés, les investissements sont très en deçà des engagements pris, la dynamique est enrayée par les nombreux trafics et les problèmes sécuritaires", déplorait Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine, cité par Le Figaro. Notamment au Mali et au Soudan, où la guerre a retardé le reboisement des zones ciblées. 

La "Grande muraille verte" est le programme phare de l'Afrique pour combattre les changements climatiques et la désertification. - FAO

Le projet redyanmisé lors du "One Planet Summit"

À l'heure d'entamer sa deuxième décennie, le programme panafricain, qui rassemble plus de 20 pays, des organisations internationales, des instituts de recherche, la société civile et des organisations communautaires, a été érigé en priorité. Le projet a besoin de 33 milliards de dollars pour aller à son terme à l'horizon 2030. Le 11 janvier 2021, à Paris, le "One Planet Summit" pour la biodiversité a été l'occasion de rendre compte de l'évolution de cette "Grande muraille verte". 

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Sur Twitter, le président français Emmanuel Macron, hôte de ce sommet, avait annoncé que les partenaires de cette ambition d'envergure, parmi lesquels la France, allaient mobiliser 14,3 milliards de dollars pour donner un coup d'accélérateur au programme. "C'est une chance pour l'écologie, pour la biodiversité, pour l'agriculture et les populations", avait-il écrit. 

"Il y a eu des hauts et des bas, mais la Grande Muraille verte fait partie des solutions pour fournir un avenir durable aux populations du Sahel", avait ajouté le chef de l'État français. Ce financement doit, outre donner l'impulsion nécessaire à la restauration des terres et à la sauvegarde de la diversité biologique, permettre de la création de 10 millions d'emplois verts dans les zones rurales et renforcer la résilience des communautés sahéliennes, appelées à doubler d'ici au milieu du siècle.


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