Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a fustigé mardi les fausses promesses des sociétés qui prétendent agir à la neutralité carbone.
Il les a accusées d'utiliser ces "engagements" de façade pour "couvrir" des investissements dans les énergies fossiles.
Deux directions "incompatibles", selon le rapport d'un groupe d'experts de l'ONU.

"Révisez vos lignes directrices dès maintenant"

"La neutralité carbone est incompatible avec la poursuite des investissements dans les énergies fossiles. De façon similaire, la déforestation et d'autres activités destructrices de l'environnement disqualifient" les promesses en ce sens, a insisté de son côté le groupe d'experts créé par Antonio Guterres. 

Les 18 spécialistes ont élaboré en quelques mois un mode d'emploi pour évaluer le degré de crédibilité des acteurs non étatiques qui s'engagent à la neutralité carbone. Condition clé de cette crédibilité, s'éloigner des "activités destructrices de l'environnement", en particulier tout ce qui peut entraîner de la déforestation, et sortir progressivement des énergies fossiles responsables du réchauffement de la planète. 

Villes, régions, organismes financiers et entreprises "ne peuvent pas revendiquer la neutralité carbone tout en continuant à construire ou investir dans de nouvelles sources d'énergies fossiles", insiste le rapport, qui souligne que les deux sont "incompatibles". Aujourd'hui, environ 90% du PIB mondial est couvert par des promesses de neutralité carbone, selon la plateforme Net Action Tracker élaborée par plusieurs centres de recherche. Mais beaucoup de ces promesses "ne sont pas à la hauteur" et d'autres "ne fournissent même pas de données", souligne Catherine McKenna, présidente du groupe d'experts.

Alors, le message envoyé aux PDG ou aux maires "est clair", souligne Antonio Guterres : "Respectez ces normes et révisez vos lignes directrices dès maintenant, au plus tard d'ici à la COP28" dans un an. Il a également appelé les gouvernements à "construire un cadre réglementaire" à partir de ces recommandations. 

Lundi, le secrétaire général de l'ONU avait déjà exhorté les dirigeants des plus de 200 pays rassemblés à renforcer la lutte pour le climat avant qu'il ne soit trop tard. "L'humanité a un choix : coopérer ou périr. C'est soit un Pacte de solidarité climatique, soit un Pacte de suicide collectif", avait-il tonné. 


M.L (avec AFP)

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