Énergie : une fin d'année sous le signe de la sobriété

Le jour où... en 1980, l'Élysée a nommé un "Monsieur radiateur"

Maxence GEVIN
Publié le 29 septembre 2022 à 18h01
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

À la fin des Trente Glorieuses, le gouvernement français a défendu une stratégie de sobriété énergétique.
Les Français étaient notamment priés, déjà, de limiter leur chauffage en hiver.
Pour mieux sensibiliser et convaincre, les administrations publiques étaient, elles-mêmes, tenues de maintenir la température en dessous des 19°C, ce qu'un ingénieur vérifiait inopinément.

Retour 42 ans plus tôt, en 1980. La France, qui vient de connaître plusieurs dizaines d'années de prospérité post-Seconde Guerre mondiale, est touchée de plein fouet par la crise économique après les deux chocs pétroliers successifs (1973 et 1979). À un chômage de plus en plus important s'ajoutent une croissance en berne et une inflation galopante. Une situation qui n'est pas sans en rappeler une autre... 

La crise, quarante ans plus tôt

Toujours est-il qu'à cette époque, une politique de sobriété est mise en place pour éloigner le spectre des pénuries et pour faire face à la flambée du prix des énergies. Un décret, pris en 1974, impose même que la "température de chauffage d’un logement ou [...] local affecté à un usage autre que l’habitation" ne dépasse les "22 °C". D'autres mesures comme l'extinction des vitrines de nuit dans les commerces ou l'arrêt des émissions de télévision après 23h sont également mises en place. 

Pour inciter les citoyens à faire des efforts, le gouvernement décide, lui aussi, de mettre la main à la pâte. Objectif : montrer que les dirigeants participent aux efforts que requiert la crise énergétique. Ainsi, la température maximale dans les administrations devait être inférieure à 20°C, puis à 19°C. 

Pour vérifier la bonne application de cette mesure, l'exécutif a nommé un "releveur officiel de température" qui effectuait des contrôles aléatoires. Dans une séquence du Journal télévisé de 20H de TF1, relayée par l'Institut national de l'audiovisuel (INA), ce professionnel fait sa tournée dans les bâtiments publics le 15 octobre 1980. "Bras tendu, thermomètre électronique à la main, il relève 20,2°C dans la mairie du 7e arrondissement de Paris. Puis, il détecte 21,5°C au service des courriers de l'Hôtel Matignon, devant le regard interloqué d’une employée au bureau couvert de tampons encreurs", raconte l'INA. Dans les services du Premier ministre de l'époque, Raymond Barre, la température était, elle, toute proche des 19°C, dans la norme. Ce jour-là, 16,8°C ont été relevés chez les proches collaborateurs du président de la République, à l’Élysée. 

Ce sera très bien, ça nous permettra de faire des économies d’énergie, de faire preuve de sobriété

Bruno Le Maire

Au final, une opération de communication rondement menée... qui peut, là encore, être mise en parallèle avec une autre. Ces derniers jours, les premières fraîcheurs de l'automne se faisant ressentir, les membres de la majorité présidentielle multiplient les initiatives. "Vous ne me verrez plus avec une cravate mais avec un col roulé. Et je pense que ce sera très bien, ça nous permettra de faire des économies d’énergie, de faire preuve de sobriété", a par exemple déclaré Bruno Le Maire. Le ministre de l’Économie et des Finances a également expliqué que le chauffage ne serait pas allumé à Bercy tant que le mercure "ne sera pas en dessous de 19 degrés".  

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D'autres têtes d'affiche de l'exécutif ont opté pour des doudounes, à l'instar d'Elisabeth Borne, dans ses bureaux de Matignon ou même lors d'un déplacement à Lyon mercredi. Comme quoi, d'une crise à une autre, il n'y a parfois qu'un pas. 


Maxence GEVIN

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