La France face à une sécheresse majeure

Dix départements face à la sécheresse : ce qu'on ne peut pas faire en cas d'alerte(s)

Julien Moreau
Publié le 24 avril 2022 à 12h56, mis à jour le 4 mai 2022 à 9h29
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Dix départements sont concernés par des arrêtés concernant des mesures de restrictions d’eau, selon le site officiel Propluvia.
Les décisions se prennent au niveau local par le préfet du département, selon une alerte jaune, orange ou rouge.
Un bassin des Bouches-du-Rhône est actuellement au niveau "crise".

Selon le site gouvernementale Propluvia, dix départements de l’Hexagone sont actuellement concernés, ce samedi 23 avril, par des arrêtés préfectoraux concernant des mesures de restrictions d’eau à cause d’une sécheresse précoce depuis le début du printemps. 

Il existe plusieurs niveaux d’alertes et chacun d'eux amène des interdictions spécifiques pour les personnes et les entreprises résidant en France : la vigilance (gris), l’alerte (jaune), l’alerte renforcée (orange) et la crise (rouge). Ces zones ont été déterminées comme des ensembles cohérents associés à la ressource en eau. 

Plusieurs niveaux d'alerte

Chaque niveau d’alerte a ses spécificités décidées par le préfet du département concerné. Pour chaque niveau d'alerte, les restrictions sont progressives. Concernant l'usage domestique de l'eau, le préfet commence par sensibiliser lorsque la situation n'est pas encore alarmante puis il instaure une limitation de la consommation concernant l’arrosage des pelouses, des espaces verts, des terrains de golf, le lavage des voitures, le remplissage des piscines. 

Si la situation s'aggrave, toutes les activités précédemment nommées seront interdites et seul l'usage de l'eau potable pourra être autorisée. Il en va de même pour des secteurs prioritaires, à savoir la santé ou encore la sécurité civile.

Carte des arrêtés au 24/04/2022 (arrêtés publiés le 23/04/2022 à minuit) - Propluvia
Les quatre niveaux de vigilance de la carte des arrêtés concernant les restrictions d'eau. - Propluvia

Chaque année, entre le mois de juin et le mois d'août, 80% de l'eau est consommée par l'agriculture. Limiter la consommation d'irrigation au meilleur moment permettrait à certains endroits de l'Hexagone de diminuer la consommation d'eau de 30%. Les préfets peuvent décréter l'interdiction d'irriguer durant un jour par semaine dès que le département est en situation d'alerte. En jaune, par exemple, les prélèvements peuvent être prohibés jusqu'à 3 jours par semaine, cela passe à 3,5 jours minimum en alerte renforcée. En rouge, comme c'est le cas pour les Bouches-du-Rhône (voir plus bas), l'utilisation de l'eau pour irriguer les terres agricoles peuvent aussi être arrêtés. 

Dans le domaine de l’industrie, des mesures spécifiques ont été prises sur les unités les plus consommatrices, des mesures imposant une réduction progressive d’activité, le recyclage de certaines eaux de nettoyage, la modification de certains modes opératoires. 

Si la définition d’un niveau d’alerte est nationale, les décisions se font au niveau local, ce qui facilite la réaction en situation de crise, et permet la transparence et la concertation entre les différents usagers d’un même bassin.

L'ouest des Bouches-du-Rhône en crise

Le niveau de crise (rouge) touche actuellement l'est du département des Bouches-du-Rhône, notamment au niveau du de la rivière Le Réal de Jouques. Pour l’instant, c’est le seul endroit, en France, qui se trouve en situation critique. Dans l’arrêté de crise pris le 15 avril 2022, le préfet du département précise ses recommandations générales pour l’usage de l’eau : restreindre les usages secondaires (nettoyage des voitures, lavages extérieurs), réduire le lavage des voies et trottoirs au strict nécessaire de salubrité, réduire les consommations d’eau domestique, procéder à des arrosages modérés des espaces verts, adapter les plantations aux conditions climatiques de la région et anticiper sur les éventuelles restrictions futures. 

Sécheresse : comment faire face au manque d'eau ?Source : JT 20h WE
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Les autres départements faisant l'objet d'une vigilance particulière quant au niveau de remplissage des nappes phréatiques  : Maine-et-Loire, Charente-Maritime, Charente, Vienne, Deux-Sèvres, Ain, Drôme, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes. Mais les restrictions ne sont pas les mêmes d'un département à l'autre.

Une partie des départements sont classés, entièrement ou pour partie, en "alerte jaune". Cela implique notamment, précise le site gouvernemental, une "réduction des prélèvements à des fins agricoles inférieure à 50% (ou interdiction jusqu'à 3 jours par semaine), mesures d'interdiction de manœuvre de vanne, d'activité nautique, interdiction à certaines heures d'arroser les jardins, espaces verts, golfs, de laver sa voiture".

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D'autres départements, parfois les mêmes, sont classés, entièrement ou pour partie, en "alerte renforcée" (orange). Cela implique notamment une "réduction des prélèvements à des fins agricoles supérieure ou égale à 50% (ou interdiction supérieure ou égale à 3,5 jours par semaine), limitation plus forte des prélèvements pour l'arrosage des jardins, espaces verts, golfs, lavage des voitures", peut-on lire.  Un dernier niveau d'alerte, le niveau rouge, implique un "arrêt des prélèvements non prioritaires y compris des prélèvements à des fins agricoles", indiquent les autorités, précisant que "seuls les prélèvements permettant d'assurer l'exercice des usages prioritaires (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité) sont autorisés". 


Julien Moreau

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