TF1 a rencontré un pilote de Canadair après sa journée de lutte contre les flammes en Gironde.
Malgré la fatigue, il a accepté de répondre aux questions du 20H.

Des incendies font toujours rage en Gironde. Après huit heures de lutte intense contre les flammes, le Canadair de Philippe Roux est de retour à la base. En chemin, ce pilote a même dû noyer un nouveau départ de feu dans les Landes. Il est épuisé. "On est fatigués parce que les écopages ne sont pas faciles, parce qu’il y a la pression. Au sol, c’est un peu la panique, donc il faut être performant tout en étant en sécurité, et donc ça met une certaine tension", explique-t-il dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. 

À La Teste-de-Buch, il combat le feu par les airs. Foyer par foyer, largage après largage, il tente sans relâche de venir à bout de ce gigantesque incendie. À l’intérieur de son avion, rien n’a changé depuis 27 ans. Tout l’espace est réservé pour transporter 6000 litres d’eau et il n’y a de la place que pour deux banquettes. "Quand on se met en place sur un terrain extérieur, ça permet d’emporter les équipages de réserve ou si un avion est en panne quelque part, de ramener les équipages de l’avion en panne", poursuit Philippe Roux.

30 à 50 largages par jour

Peu de confort mais sa place est dans le cockpit vieillissant face à un brasier capable de calciner des milliers d’hectares de forêt. Le combat semble inégal. "Ici, les écopes qui permettent de remplir l’avion, avec une rentrée en automatique ou en manuel, c’est le travail du copilote. Par contre, il n’y a pas de système pour aider le pilote pour larguer l’eau. C’est l’apprentissage qui fait qu’au bout d’un moment, on a le savoir-faire. C’est de l’artisanat", montre Philippe Roux. 

De l’artisanat, voire de l’instinct pour cet ancien pilote de chasse, qui chaque soir dans la salle d’opération, malgré la fatigue, note les dégâts constatés sur son appareil, soumis à rude épreuve après des manœuvres périlleuses et un nombre de largages hors norme. "On était cinq, voire six avions, on a tous fait entre 30 et 50 largages donc ça doit approcher les 300 en tout. Ce sont des belles journées mais c’est un feu qui mérite même plus d’avions que ça", conclut-il.

Au cœur des flammes en Gironde, la flotte aérienne de la sécurité civile subit de nombreuses pannes. Chaque nuit, des opérations de maintenance sont menées pour que les pilotes puissent repartir au combat le lendemain. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Antoine Cazabonne, Lucas Garcia

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