Le Collège des directeurs du développement durable (C3D) dévoilera mardi, en partenariat avec TF1, le palmarès de la première édition des "Paulownias de la RSE", qui récompensent les efforts des entreprises en matière de responsabilité sociale et environnementale.
Fabrice Bonnifet, président du C3D, nous explique l'objectif de cette remise de prix.

Entre raréfaction des ressources et augmentation des événements climatiques tragiques, nous savons que la prise en compte de l’écologie, tant dans les politiques publiques que dans celles des entreprises, finira par s’imposer comme une évidence. La question est de savoir combien de ces catastrophes vont devoir avoir lieu pour qu’enfin les bonnes décisions soient prises, afin d’éloigner le spectre d'un effondrement irréversible. Avec la énième mesure anecdotique récente concernant l’extinction des panneaux publicitaires dans les gares... fermées (!) ou la continuation des pratiques de greenwashing à grande échelle, quand comprendrons-nous que les écogestes ne résoudront qu’une fraction de ce qu’il faudrait réellement faire pour s’inscrire dans une trajectoire de décarbonation à la hauteur des ordres de grandeur définis par le GIEC ? Parions que nous sommes dans la décennie où tout pourrait devenir possible, sous la pression croissante des citoyens de plus en plus choqués par l’inaction climatique de leurs élites.

Plus la planète s’enfonce dans le chaos climatique, plus les démarches RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) prennent de l’importance au sein des entreprises partout dans le monde. Mais la RSE vise-t-elle seulement à changer la manière de faire ? Tant que cela ne sera pas le cas, nous continuerons à nous indigner que ce réveil tardif ne permette pas d’inverser une tendance bien mal engagée. Malgré les efforts des professionnels de la durabilité, force est de constater que l’inertie des habitudes, les certitudes économiques obsolètes et les verrous socio-techniques empêchent l’accélération des transitions qu’il faudrait pourtant mettre en œuvre pour reprendre espoir. 

L’objectif de cette reconnaissance est de prouver que la chimère existe et qu’il convient désormais d’identifier les leaders inspirants et les entreprises qui font preuve d’audace et d’abnégation dans leur sphère d’influence
Fabrice Bonnifet

Margaret Mead, célèbre anthropologue américaine du siècle dernier, soutenait qu’il ne fallait pas douter qu'un petit nombre de citoyens volontaires et réfléchis puisse changer le monde – et que c’est toujours ainsi que le monde a changé. Après tout, l’utopie de la RSE ne traduit-elle pas une volonté candide de modeler l'image du monde à partir d'un idéal éthique et d’une nouvelle définition de la responsabilité ? 

 

Pour faire sa part tel un colibri dans les flammes, le C3D (Collège des directeurs du développement durable) a donc décidé de créer les "Paulownias de la RSE"*. L’objectif de cette reconnaissance est précisément de prouver que la chimère existe et qu’il convient désormais d’identifier les leaders inspirants et les entreprises qui font preuve d’audace et d’abnégation dans leur sphère d’influence, en transformant leur façon de produire la valeur économique, sans détruire la valeur écologique. Pourquoi les mettre en lumière ? Le mimétisme est le principal agent de la propagation des idées, révéler l’exemplarité au plus grand nombre est sans doute le meilleur moyen d’embarquer les moins avancés. Parce que la crédibilité pour un dirigeant en matière de RSE n’est clairement plus de cumuler les "médailles" de la conformité, mais plutôt d’œuvrer à la transformation radicale de son modèle d’affaires, puissent les Paulownias devenir un Graal de "vert...u" dans une société qui a perdu le sens du mot progrès.

*Le paulownia est un arbre utile dans la lutte contre le réchauffement climatique, capable d'absorber 10 fois plus de dioxyde de carbone que les autres arbres.

Le palmarès de la première édition des Paulownias de la RSE, en partenariat média avec TF1, sera dévoilé le 4 avril à 20h. 


Fabrice BONNIFET

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