EN IMAGES - Des vestiges médiévaux "exceptionnels" mis au jour dans le lit de la Loire

S.M avec AFP
Publié le 23 septembre 2022 à 11h26
JT Perso

Source : JT 13h WE

Une équipe d'archéologues ont mis à jour des épaves et des pêcheries du Moyen-Âge sur les berges de la Loire, près d'Ancenis (Loire-Atlantique).
Des vestiges dont l'état de conservation est "exceptionnel".
Les 33 scientifiques, pour qui la sécheresse a été un atout cet été, mènent une "course contre-la-montre avant le retour de l'eau".

Leur état de conservation est "exemplaire". Des épaves du XVIIe siècle et des pêcheries du XIIe siècle ont été mises au jour sur les berges sableuses de la Loire, près d'Ancenis (Loire-Atlantique), signe d'une activité intense autour du fleuve. "C’est extraordinaire et exceptionnel de découvrir des vestiges d’une telle qualité dans un espace si restreint", s’enthousiasme Anne Hoyau-Berry, archéologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). 

Les épaves du XVIIe siècle et les pêcheries du XIIe siècle découvertes sont dans un état de conservation "exemplaire". - Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
Les épaves du XVIIe siècle et les pêcheries du XIIe siècle découvertes sont dans un état de conservation "exemplaire". - Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Cette archéologue travaille depuis le 16 août sur l’un des trois sites de fouilles déployés au bord de la Loire. Submergées par les eaux une grande partie de l’année, l’île Coton, l’île Poulas et l’île aux Moines sont devenues le théâtre de découvertes inédites.

"Course contre-la-montre avant le retour de l'eau"

Près de l’île Coton, une dizaine d’épaves de bateaux des XVIIème et XVIIIème siècles, dans un état de conservation exemplaire, viennent d’être exhumées. Fait rare et notable, ces embarcations, qui portent des traces d’usure, ont été sciemment remplies de pierres et installées sur le flanc, pour créer deux enrochements de plus de 40 mètres de long. Les archéologues expliquent qu'il pourrait s'agir de digues, de l'aménagement d'un port, ou encore d'un acheminement de l'eau. 

Près de l’île Coton, une dizaine d’épaves de bateaux des XVIIème et XVIIIème siècles, dans un état de conservation exemplaire, viennent d’être exhumées. - SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP
Les épaves du XVIIe siècle et les pêcheries du XIIe siècle découvertes sont dans un état de conservation "exemplaire". - SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

Ces barges à fond plat sont caractéristiques des bateaux de charge de l'époque qui transportaient des matières premières (bois, pierres, ardoises, sable), du sel ou du vin. Longs d’environ 14 mètres, ils sont déblayés pierre après pierre par les archéologues à pied d’œuvre, qui doivent à la fois pomper l’eau remontant du sol et arroser le bois pour éviter qu’il ne se détériore en séchant.

33 scientifiques sont mobilisés sur ces chantiers, au budget de 1,6 million d’euros. - SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

"C’est un travail de fourmi physiquement difficile", reconnaît Anne Hoyau-Berry. "Mais la sécheresse de l’été nous a permis de travailler dans de bonnes conditions". Et c'est désormais une "course contre-la-montre avant le retour de l'eau" qui s'engage pour les scientifiques, commente Denis Fillon, délégué à la direction de l’INRAP dans les Pays-de-la-Loire et responsable scientifique des sites. Le chantier prendra fin en octobre avec l'arrivée des crues. 

33 scientifiques mobilisés

En amont, sur l’île Poulas, ce sont trois pêcheries fixes du XIIème siècle, faites de pierres et de pieux en bois, qui ont été découvertes. Disposées en "W", elles servaient à capturer les poissons qui remontent le courant (saumons) comme ceux qui le redescendent (anguilles). Appartenant aux seigneurs et ecclésiastiques locaux, elles permettaient de respecter les quelque 150 "jours maigres" par an imposés par l’Église à l’époque. Des traces d’accueil de moulins-bateaux ont également été mises au jour, signe de la densité des activités fluviales. 

Sur l'île Poulas, en amont de l'île Coton, trois pêcheries fixes du XIIème siècle, faites de pierres et de pieux en bois ont été découvertes. - SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

Ces chantiers archéologiques mobilisant 33 scientifiques, au budget de 1,6 million d’euros, interviennent dans le cadre d’un vaste programme de rééquilibrage du lit de la Loire conduit par Voies navigables de France (VNF), entre Les Ponts-de-Cé et Nantes. Les travaux prévus par VNF devraient démarrer l’année prochaine. "L’objectif est de redonner une dynamique plus naturelle au fleuve qui a été très aménagé aux XIXème et XXème siècles", explique Séverine Gagnol, cheffe de l’unité Loire chez VNF.


S.M avec AFP

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