Environnement : ces cinq "premières fois" qui donnent des raisons d'espérer

Publié le 25 décembre 2023 à 17h14

Source : JT 20h Semaine

L'année 2023 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée et, partout sur la planète, des phénomènes extrêmes se sont produits.
Pour atteindre l'objectif de baisser de 43% les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030, il faudra donner un grand coup d'accélérateur.
Des textes clés votés en 2023 doivent permettre d'y arriver.

Une étude publiée la semaine dernière dans le journal Science révèle que des populations de poulpes, qui vivent dans les profondeurs de l'Antarctique, s'accouplaient librement il y a 125.000 ans : une découverte qui signifie que la partie occidentale du continent était alors libre de glace et que cette partie de la calotte glaciaire fond plus vite que prévu, avec, à la clé, la montée des eaux qui nous menace. 

Voilà le genre de nouvelle – passionnante sur le plan de la science, inquiétante pour l'avenir de l'humanité – que l'on peut lire quand on s'intéresse à l'environnement, à l'évolution des écosystèmes et au changement climatique. Pour ne pas céder au découragement, la rédaction de TF1info vous propose de revenir sur cinq "premières fois" actées en 2023 et qui devraient permettre au monde d'aller (un peu) mieux. C'est Noël !

1 – Pour la première fois, un traité pour protéger la haute mer

Un monde qui va mieux sur le plan du climat, c'est un monde qui préserve ses océans. Ils nous fournissent la moitié de l'oxygène que nous respirons et limitent le réchauffement climatique en absorbant une partie importante du CO2 émis par les activités humaines. Mais les mers du monde, encore mal connues, sont menacées par le changement climatique, les pollutions et la surpêche.

Un effort historique est nécessaire. Une première étape a été franchie le 21 septembre 2023 avec la signature par plus de 70 pays d'un traité de protection de la haute mer. Une première, car celle-ci n'appartient à personne : la haute mer commence là où s'arrêtent les zones économiques exclusives des États.

Pour la première fois, ce texte prévoit de créer des aires marines protégées en haute mer et de lister les activités autorisées. Reste bien sûr à voir ce que les États en feront, notamment sur le volet controversé de l'exploitation des richesses minières des sous-sols marins. 

Mais ce traité est une première étape-clé, qui pourrait entrer en vigueur en 2025 lors de la conférence des Nations unies sur les océans organisée à Nice.

2 – Pour la première fois, un accord sur les énergies fossiles

Certains l'ont qualifié "d'historique" d'autres jugent qu'il ne va pas assez loin : quoi qu'il en soit, l'accord obtenu lors de la COP28 organisée à Dubaï en décembre a permis pour la première fois d'ancrer une "transition hors des énergies fossiles", pétrole, charbon et gaz. Et ce n'est pas la seule avancée obtenue dans l'Émirat :  le texte appelle à un triplement de la capacité mondiale des énergies renouvelables et à un doublement du taux d'amélioration de l'efficacité énergétique d'ici à 2030. 

Cette COP a aussi permis de dépasser, le temps d'un accord, les clivages Nord-Sud puisque les États se sont mis d'accord sur un fonds "pertes et dommages" à destination des pays les plus impactés par le changement climatique. 

Des avancées à ce stade symbolique, et qu'il faudra évidemment concrétiser, avec des enjeux financiers de grande ampleur, mais dont il serait dommage de gommer l'aspect historique. D'autant qu'elles s'accompagnent d'une tendance de fond, observée aux quatre coins du globe, et relevée par l'Agence internationale de l'énergie : une "croissance spectaculaire" de l'éolien, du solaire et des véhicules électriques.

L'énoncer n'empêche en rien de rappeler que la marche à gravir est haute, et que les États devront concrétiser leurs engagements au moment de renouveler leurs objectifs de baisse des émissions de gaz à effet de serre en 2025.

3 – Pour la première fois, une baisse du rythme de déforestation

Ce n'est pas encore une bonne nouvelle à 100% mais plutôt une tendance dont il faut, là aussi, savoir se saisir pour aller plus loin : la déforestation se poursuit, mais à un rythme plus faible qu'auparavant : 25 millions d’hectares de couvert forestier perdu en moyenne chaque année après le pic de 29,6 millions d'hectares atteint en 2016, relève ainsi l'association Climate Chance dans son bilan annuel.

Le ralentissement est notable en Indonésie depuis le pic de 2016 (2,2 Mha) jusqu’en 2022 (0,8 Mha). La déforestation en Amazonie brésilienne est, elle, tombée à son niveau le plus bas pour un mois de novembre depuis le début des relevés en 2015 : 201,1 kilomètres carrés de la plus grande forêt tropicale de la planète ont été détruits, un relevé mensuel historiquement au plus bas et une baisse de 64% par rapport au même mois l'an passé (554,66 kilomètres carrés).

En amont de la COP28, le gouvernement brésilien avait annoncé une réduction de 22,3% de la déforestation de l'Amazonie brésilienne sur un an, de juillet 2022 à juillet cette année, soit le meilleur résultat enregistré en quatre ans.

4 – Pour la première fois, une loi pour restaurer la nature

Au terme d'âpres négociations, le Parlement européen et les États membres de l'Union européenne sont parvenus cet automne à un accord sur un projet législatif clé sur la restauration de la nature et la biodiversité. Le texte imposera aux pays membres de mettre en œuvre des mesures pour restaurer la nature sur au moins 20% des terres et des espaces marins de l'Union d'ici à 2030.

La législation exigera aussi que les Vingt-Sept restaurent d'ici à 2030 au moins 30% des habitats abîmés, puis 60% d'ici à 2040 et 90% d'ici à 2050. Autre objectif chiffré : d'ici à 2030, trois milliards d'arbres supplémentaires devront être plantés dans l'UE et au moins 25.000 km de cours d'eau devront redevenir des cours d’eau à courant libre.

5 – Pour la première fois, un plan pour réduire l'impact de 50 sites industriels

À l'échelle de la France, une avancée intéressante a été obtenue du côté du monde industriel : les 50 sites les plus polluants se sont engagés à diminuer leur impact sur la planète. 

Le secteur industriel, qui représente 11% du PIB, génère 20% des émissions de gaz à effet de serre du pays ; et a donc toute sa part à prendre pour permettre à la France de tenir ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Cimenteries, usines sidérurgiques ou de chimie... ces sites ont tous signé avec l’État des "contrats de transition" chiffrant leurs objectifs et leviers de décarbonation, avec en contrepartie un soutien financier et logistique du gouvernement.


Marianne ENAULT

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