Initiatives environnementales
Avec

Comment supprimer un maximum l’utilisation du papier à l’école et à l’université ?

Geoffrey Lopes
Publié le 20 juin 2022 à 8h30, mis à jour le 22 juin 2022 à 16h02
Comment supprimer un maximum l’utilisation du papier à l’école et à l’université ?

Source : iStock

Le papier est encore beaucoup utilisé dans le milieu scolaire ou universitaire.
Il existe pourtant des solutions pour le réduire durablement, comme en témoignent les initiatives des entreprises Edusign ou ENCORE.

"Où sont les feuilles ? Avec leurs lettres et leurs programmes ?" Écoliers et universitaires pourraient se réapproprier le succès de Patrick Juvet. Les unes renversées des tables, les autres poussées par un coup de vent sous des meubles, les étudiants ne comptent plus les feuilles perdues ou définitivement inatteignables. Manuels scolaires obsolètes, feuilles d’évaluations, cahiers de texte, de notes ou de correspondance, flyers… Les supports d’organisation, de révision ou de notation ne manquent pas.

Dans une note, l’Agence de la transition écologique (Ademe) exhorte les Français à "imprimer seulement si nécessaire et uniquement les parties utiles du document (sans les annexes par exemple)". Une recommandation toujours difficile à suivre : en France, la consommation annuelle de papier s'élevait en 2016 à 8,8 millions de tonnes, soit 279 kilos par seconde (équivalent à 3,2 % de la consommation mondiale). Chaque Français utilise en moyenne 136 kg de papier et cartons par an.

Le monde du travail et le milieu scolaire et universitaire restent les plus gourmands de papier. Pas toujours recyclables, pas suffisamment récoltées, les feuilles gardent un rôle fondamental dans le cartable des enfants. Les supports numériques font à peine baisser leur usage : la communication, les cours et les "contrôles" s’impriment ou se rédigent encore sur des feuilles. Les professeurs continuent surtout de mentionner la présence des élèves ou étudiants à la main sur des morceaux de papiers. Une initiative ambitionne d’éliminer ces feuilles volantes.

Les feuilles de présence digitalisées d'Edusign

Fondée début 2020, Edusign, qui vient de recevoir à l'issue de VivaTech, le prix Pépites des PÉPITE (qui met en avant les plus belles histoires entrepreneuriales).  prône l’émargement digital et la numérisation des documents administratifs. Pour Elliot Boucher, consultant en marketing et un des 3 fondateurs, les feuilles papiers sont source de pertes de temps et de stress. "Généralement, les administrés courent après les feuilles et les stockent dans une armoire avec le risque qu’elles soient perdues ou jamais consultées. Notre mission est de rendre la gestion des présences rapide et de diminuer la consommation de papier." L’entreprise propose également de signer des contrats à distance, rédiger des réglementations, des chartes ou encore de remplir des questionnaires. Avec une certaine réussite : son chiffre d’affaires a triplé en un an. Des grandes écoles, des organismes de formations et de grandes entreprises privées se sont abonnés à l’application. "Edusign compte aujourd’hui plus de 500 000 utilisateurs. Nous en sommes à 6 millions de signatures pour 750 000 feuilles de présence", se réjouit Elliot Boucher.

Cette solution évite de ramasser les feuilles de présence. Toutes les informations du cours sont déjà rentrées et les élèves ou étudiants n’ont plus qu’à signer à l’aide de la souris, du doigt ou d’un QR code en fonction du terminal (smartphone ou ordinateur). "Nous nous adaptons au public peu adepte des nouvelles technologies en leur envoyant un mail, par exemple. Nous disposons d’une sécurité antifraude pour éviter que d’autres signent à notre place et nos données sont stockées en France", rassure le jeune responsable marketing. Le numérique offre de la réactivité aux secrétariats qui peuvent par exemple prévenir immédiatement les parents d’une absence dès qu’ils en reçoivent la notification du professeur. "Notre outil réduit le pourcentage d’absents", assure Elliot Boucher.

Des bacs à papier pour mieux trier

Le papier s’agrafe, se perce, se déchire toujours à l’école et dans le secondaire. Les initiatives se multiplient pour en réduire l’usage. De plus en plus de départements distribuent, par exemple, des ordinateurs aux collégiens et lycéens. De leur côté, certaines universités n’acceptent plus aucun dossier d’inscription en format papier. D’autres établissements organisent des animations scolaires pour faire prendre conscience des enjeux environnementaux de la réduction du papier et communiquent sur les réseaux sociaux pour mobiliser et responsabiliser les élèves. Dans la Manche, à Sainte-Mère-Église, l’école du Manoir tri rigoureusement tous les papiers : blancs ou de couleurs, les prospectus publicitaires, les essuie-mains ou les journaux… Les élèves les déposent dans des containers spéciaux à disposition de chaque classe. L’entreprise ENCORE (pour Environnement Cotentin Recyclage) les récupère dès qu’ils sont pleins et l’école recueille quelques euros au bout d’une tonne.

Une chose est sûre, les confinements ont poussé les professeurs à développer de nouvelles méthodes d’apprentissage. Beaucoup envoient leurs cours par e-mail et ne les photocopient plus, d’autres les partagent sur des drives et comptent sur la réactivité de leurs élèves. Seul véritable point noir : les évaluations restent difficiles à numériser. Des grandes écoles, à l’instar des instituts de journalisme, suppriment les écrits. Une méthode qui fait débat.


Geoffrey Lopes

Tout
TF1 Info