Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le ministre de l'Agriculture a plaidé la cause des "méga-bassines", des retenues d'eau destinées à l'agriculture.
Si elles perdent en utilité en cas de sécheresse, comme c'est le cas actuellement, elles restent efficaces la plupart du temps, a-t-il argué.
S'en prenant aux opposants aux projets, il a défendu des systèmes "vertueux".

Avec la sécheresse historique qui sévit actuellement dans le pays, c'est un dossier très sensible qui devrait revenir sur le devant de la scène. Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a défendu dimanche le recours aux "méga-bassines", des retenues destinées à stocker de l'eau en hiver, puisée dans les nappes phréatiques, pour irriguer les cultures en été. Une centaine de projets ont été lancés dans le pays, mais ils sont souvent contestés localement. "Il faut des retenues d'eau pour les années où l'on aura de l'eau", a argué le ministre, invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, dans la vidéo en tête d'article.

Cette année, les nappes étant fragilisées par la sécheresse, le dispositif ne peut pas être performant, a reconnu le ministre. Mais des années "atypiques" comme celle que nous traversons, "c'est un cas, mais ce n'est pas la majorité de l'espèce". "Dans ces années comme celles-là, si les retenues ne peuvent pas se remplir, et bien, elles ne peuvent pas se remplir", mais "il faut des retenues d'eau pour les années où l'on aura de l'eau", a-t-il estimé. D'autant que seules 7% des surfaces sont irriguées en France, selon lui. Par ailleurs, "cela n'empêche pas de travailler à des systèmes agricoles plus résilients" en prévision d'années difficiles, "il faut préparer notre modèle agricole à cela", a poursuivi le ministre. 

"Remettre en cause le droit par la violence"

Marc Fesneau s'est aussi emporté contre les opposants à ces projets, qui organisent des manifestations, voire des occupations de sites depuis plusieurs années. Il est notamment revenu sur un appel à une mobilisation prévue le 25 mars prochain, relayée par la patronne des écologistes Marine Tondelier, qui a fustigé dans un Tweet de "prétendues solutions à la sécheresse qui aggravent en fait le problème".  

"On peut ne pas être d'accord avec un projet", mais "un certain nombre de gens entendent remettre en cause le droit par la violence", a-t-il accusé. "Dans ces projets-là, le droit est passé, les recours ont été purgés, les analyses scientifiques ont été faites. Ayant épuisé les voies démocratiques, des gens prennent les voies de la force."

Le vice-président du Modem a évoqué notamment le projet de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, où des affrontements entre les forces de l'ordre et des opposants au projet ont éclaté depuis l'automne 2021. Selon lui, 21 millions de mètres cube étaient prélevés sur le site en été, or "avec le projet, par ces réserves constituées en hiver, on ne prélève plus que 13 millions en tout, la moitié l'été et l'autre moitié part à la constitution d'une réserve l'hiver". "Si cela ce n'est pas vertueux, qu'est-ce qui est vertueux ?", s'est-il irrité, accusant la cheffe des Verts de vouloir "faire de l'agriculture sans eau".

"Si on commence à seulement poser des 'y a qu'à-faut qu'on', si on rejette les solutions que l'on essaie de porter, y compris dans ce qu'elles ont de vertueux, il y a de quoi y avoir de la désespérance", s'est-il encore emporté, fustigeant une "espèce d'impasse" sur le sujet. 


M.L

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