La question de la sobriété environnementale est au cœur de nombreux débats en cette rentrée.
Certains continuent de minimiser l'impact de leur activité sur l'environnement, comme Gérard Larcher, qui a défendu la viande ce mercredi matin.
L'élevage fait pourtant partie des activités très émettrices de gaz à effet de serre.

Réduire la facture électrique, c'est bien. Le faire en sauvant la planète, c'est mieux. Ce mercredi 7 septembre, Gérard Larcher s'est félicité des mesures prises par le Sénat depuis "bientôt deux ans" dans un "objectif climatique". Sur France Inter, l'élu Les Républicains a promis d'aller encore plus loin cet hiver, en adoptant "les mêmes gestes que ceux demandés aux citoyens", notamment sur les questions "électrique, de chauffage, de l'eau". 

Mais pour faire preuve d'une plus grande sobriété environnementale, l'élu LR envisage-t-il de "manger moins de viande au Palais du Luxembourg" ? À ce sujet, le président du Sénat a préféré répondre que ce n'était "pas la question". L'occasion de se demander quelle est la place de l'élevage dans le bilan carbone du pays.

L'élevage plus polluant que l'aviation

Pour connaitre le nombre d'émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par le bétail à travers le pays, nous nous sommes tournés vers le rapport Secten, qui fait référence sur les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques en France. On y découvre qu'en 2019, l'agriculture était le deuxième poste d'émissions de GES du pays, représentant à elle seule "19% du total national", soit 83,1 mégatonnes d'équivalent CO2. Et la quasi-majorité d'entre elles proviennent de l'élevage (48%). Ce qui signifie que les émissions liées à la fermentation entérique des animaux destinés à être mangés, à la gestion de leurs déjections, au bâtiment et au stockage représentant un total de 39,9 mégatonnes d'équivalent CO2. 

Pour comprendre ce que représente ce chiffre, nous avons voulu le comparer à un autre secteur au cœur des critiques : l'aviation. Or, le calcul des émissions de CO2 imputables à l'activité des avions, réalisé par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), nous apprend que l'ensemble du trafic aérien, incluant l'aviation commerciale et l'aviation non-commerciale (dont les jets privés) se sont élevées à 24,3 mégatonnes en 2019.

D'ailleurs, dans une infographie sur la répartition de l'ensemble des 9,9 tonnes de CO2 émises chaque année dans le pays en 2019, Le Monde estimait que la consommation de viande de chaque Français provoquait 920 kg émissions de GES. C'est deux fois plus que pour l'avion (430 kg).

Les jets privés et les avions commerciaux polluent donc moins que la production de viande ! Ceci dit, il est important de souligner que les émissions de GES du secteur agricole ont diminué de 8% en trente ans, principalement parce que les animaux sont moins nombreux, mais plus productifs. A contrario, en seulement neuf ans, les émissions de CO2 du secteur de l'aviation ont progressé de 24,5%. 

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Felicia SIDERIS

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