Les poubelles des Français sont encore trop pleines, alerte la Cour des comptes

A. Lo.
Publié le 28 septembre 2022 à 7h46
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le volume d'ordures ménagères baisse trop lentement pour atteindre les objectifs environnementaux, selon la Cour des comptes.
Dans un rapport, celle-ci pointe un recyclage plastique peu développé par rapport aux autres pays européens.
Les Sages demandent également plus de prévention.

582 kg de déchets par an par habitant et un volume qui ne baisse pas. Cette moyenne, c'est celle des Français et elle est bien au-dessus de celle européenne sur la dernière décennie, pointe la Cour des comptes, qui étrille dans un rapport la gestion des ordures ménagères en France. Selon les Sages, la production d'ordures ne baisse pas assez rapidement, si bien que les objectifs environnementaux pourraient ne pas être atteints.

Plusieurs mesures incitatives

En effet, la France vise à réduire la production d'ordures à 501 kg d'ici 2030, soit une baisse de 15% en 20 ans qui ne sera atteinte "qu'au prix d'une accélération forte de la tendance actuelle", avertit la Cour. D'après son rapport, du progrès reste à faire "tant sur la prévention, sur le tri sélectif que sur le traitement" alors que 80% des 249 kg par habitant d'ordures jetées dans la poubelle "fourre-tout" pourraient être valorisées "si elles étaient triées".

Le taux de recyclage des déchets municipaux a atteint 44% en 2018, légèrement sous la moyenne européenne (47%), alors que l'objectif de 55%  était fixé pour 2020. C'est également loin des 67% appliqués en Allemagne. Par ailleurs, la généralisation de la "poubelle jaune" de tous les déchets plastiques, prévue pour fin 2022, n'atteignait que 62% sur le territoire fin 2021. Le tri des biodéchets est aussi considéré comme un "enjeu majeur", puisqu'il représente un tiers des ordures non recyclées. Sa généralisation est prévue pour 2024.

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Mais d'autres solutions sont proposées par la Cour des comptes pour accélérer la réduction de nos déchets. Elle cite notamment l'élargissement de la tarification incitative, qui prévoit que les ménages payent les frais du ramassage non plus en fonction de la valeur de leur logement, mais du volume d'ordures produites. Si cette incitation a montré son efficacité, elle n'a été mise en place que pour seulement 6 millions de personnes aujourd'hui, n'atteignant pas l'objectif de 15 millions en 2020. L'État devrait financer 80% du coût de sa mise en place par les collectivités locales, préconise la Cour. 

De même, là où le tourisme génère un surplus de déchets, une "surtaxe à la taxe de séjour" pourrait financer la prévention et la gestion des ordures, selon le principe du "pollueur payeur". La Cour demande également plus de prévention, alors que les déchets ménagers ne représentent que 12% des déchets produits en France, mais mobilisent 61,5% des dépenses, soit près de 16 milliards d'euros en raison des vastes besoins de collecte et de traitement.


A. Lo.

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