Un ours polaire est mort de la grippe aviaire en octobre à Utqiagvik (États-Unis).
Il s'agit d'une première dans le monde.
L'animal pourrait avoir été contaminé après avoir ingéré des oiseaux morts eux-mêmes porteurs du virus.

Le cas ne s'était encore jamais produit. Un ours polaire est mort, en octobre, du virus H5N1, plus communément appelé grippe aviaire. Très contagieux parmi les volatiles, il touche plus rarement d'autres types d'espèces, mais peut parfois contaminer des mammifères. Toutefois, jamais un ours polaire n'était mort après une transmission de ce type. La carcasse de l'animal a été retrouvée dans les alentours d'Utqiagvik, tout au nord de l'Alaska, aux États-Unis. 

"Un scénario auquel nous n'avions pas fait face dans le passé"

La découverte de la raison du décès du carnivore s'est produite après plusieurs analyses de sa peau, rapporte l'Alaska Beacon, un journal local de la région. "Ce à quoi nous sommes confrontés aujourd'hui est un scénario auquel nous n'avions pas fait face dans le passé, explique au média Andy Ramey, généticien de la faune à l'US Geological Survey. Et donc il n'y a pas de manuel." Selon les premières recherches menées par les scientifiques, l'ours polaire a pu être contaminé après avoir consommé des oiseaux eux-mêmes porteurs du virus.

Si un oiseau meurt de cette maladie, le virus peut se maintenir pendant un moment dans l’environnement, d’autant plus s’il y fait froid”, indique Bob Gerlach, le vétérinaire de l'État de l'Alaska, toujours à l'Alaska Beacon. Depuis la formation d'un variant particulièrement féroce de la grippe aviaire en 2021, des millions d'oiseaux sont morts de la maladie, et certains mammifères ont également été touchés, de manière bien plus épisodique. Dans la région, des ours bruns et noirs sont déjà morts à cause de ce virus en Alaska. À l'autre bout du globe, en Antarctique, des éléphants de mer et des otaries ont aussi été retrouvés morts lors de cette épizootie, l'équivalent d'une épidémie chez les animaux.

"Lorsqu’il s’agit d’une grande espèce charismatique comme l’ours polaire, les gens se redressent soudainement et écoutent, expose la professeure de biologie de la conservation à l'université d'East Anglia Diana Bell, interrogée par The Guardian. Du moins, j’espère qu’ils le feront." En Alaska, les spécialistes pointent par ailleurs un autre risque : celui de la sécurité alimentaire de la région. Dans cette zone, beaucoup d'habitants ont l'habitude de chasser des oiseaux sauvages. "De toute évidence, moins d'oiseaux pourrait équivaloir à moins de disponibilité, et aussi à moins de résilience de la population face à des facteurs tels que les maladies ou le changement climatique", note Andy Ramey, dans la même interview. 


T.A.

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