73% des 18-30 ans disent aujourd’hui se sentir légitimes pour agir sur l’environnement.
Un engagement toutefois perçu comme plus évident en fonction du milieu social dont ils sont issus.
C’est ce qui ressort du sondage OpinionWay pour makesense dévoilé par TF1info.

C’est l’une des préoccupations majeures des jeunes aujourd’hui en France. Alors que les effets du changement climatique dû aux activités humaines se sont fait largement ressentir en cette année 2023 – qui pourrait être la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle de la planète – et que les alertes se multiplient aux quatre coins du monde, les jeunes sont de plus en plus engagés dans la lutte climatique. C’est ce qui ressort du sondage OpinionWay pour makesense dévoilé par TF1info ce vendredi.

Selon cette étude, 73% des jeunes âgés de 18 à 30 se sentent aujourd’hui légitimes pour agir pour protéger la planète, encouragés par certaines figures de proue comme Greta Thunberg ou Camille Etienne. Pourtant, alors que 85% d’entre eux se disent "convaincus de la possibilité pour leur génération de participer aux actions en faveur de l’environnement", une majorité (61%) estiment que tous ne sont pas embarqués dans cette lutte.

Cadre familial et lieu de résidence

Et pour cause, si 79% des jeunes interrogés dans cette étude affirment qu’il est possible pour tout individu de s’engager pour l’environnement, "ils sont nombreux à reconnaître que cette démarche s’avère plus facile pour certains que pour d’autres. Car ils en sont conscients, l’engagement environnemental se heurte à la question sociale", pointe le sondage. Premier frein : la question des revenus. Si 69% des jeunes considèrent que l’engagement pour l’environnement n’est pas qu’un problème de riches, 58% estiment qu’il est plus facile d’agir lorsque l’on vient d’une famille aisée. 

Autres données prise en compte : le lieu d’habitat et l’origine des parents. Quatre jeunes sur dix estiment qu’il est plus difficile de s’engager pour l’environnement lorsque l’on réside dans les quartiers périphériques des grandes villes (47%) ou des zones rurales (46%). Pour 43% d’entre eux, l’action est plus aisée lorsqu’on a grandi en centre-ville d’une grande agglomération. Enfin, pour quatre sondés sur dix, "s’engager pour l’environnement est plus à la portée des jeunes qui ont des parents nés en France (43%)", pointe l’étude.

"Cela s’explique notamment par le fait que chez les jeunes issus des milieux les plus aisés, il est plus facile de discuter avec leur famille ou leurs amis sur les sujets environnementaux", pointe notamment Jessie Marius – Directrice d’étude au sein du pôle Opinions chez OpinionWay.

Les jeunes issus de milieux aisés se sentent également plus légitimes pour lutter pour l’environnement : 73% pour ceux qui ont un emploi, 76% parmi les étudiants, 77% pour ceux ayant, au moins, un bac+2, 79% pour ceux vivant dans les foyers les plus aisés et 82% pour ceux habitants un quartier résidentiel dans une grande agglomération. À l’inverse, seuls 66% des jeunes les moins diplômés se sentent légitimes dans ce combat et 65% de ceux résidant en plein cœur d’une commune rurale, pointe l’étude d’OpinionWay pour makesense. 

Mais ces données sont "une question de perception", tempère Hélène Binet, directrice de la communication chez makesense, notamment pour les jeunes issus de milieux défavorisés. Selon elle, "ce que l’on donne à voir de l’engagement écologique est assez normé et les jeunes des quartiers prioritaires, notamment, se déclarent engagés, agissent, mais sont moins représentés dans ces combats et se sentent donc moins légitimes à mener cette lutte. Mais en réalité, ils sont mobilisés sur ces questions, ils sont simplement moins visibles", pointe-t-elle. Et pour cause, selon l’étude, 16% des jeunes issus des quartiers populaires se disent prêt, dans les trois à cinq prochaines années, à militer au sein d’un mouvement écologiste contre 9% des jeunes issus d’autres milieux et 15% d’entre eux seraient prêts à organiser une pétition sur un sujet environnemental (contre 10%). 

Mieux accompagner la volonté de s’engager

Par ailleurs, l’engagement de ces jeunes dans la cause environnementale peut être freiné par le manque d’information. 68% des jeunes interrogés affirment vouloir en faire davantage sans savoir comment s’y prendre, d’autant qu’un nombre de plus en plus important des 18-30 ans cherche aujourd’hui à combiner engagement individuel et collectif, avec 40% d’entre eux qui se disent prêts à rejoindre des actions groupées. 

Pour autant, cet engagement ne passe pas forcément par l’adhésion à des mouvements militants (87% des répondants) et seuls quatre jeunes sur dix disent se reconnaître dans des mouvements comme Extinction Rebellion ou Les amis de la Terre. Selon l’étude, seuls 10% d’entre eux seraient également prêts à militer au sein d’un mouvement écologiste dans les trois à cinq prochaines années.

* Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 1140 jeunes, représentatif de la population française des jeunes âgés de 18 à 30 ans, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées par questionnaire autoadministré sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview) du 26 juillet au 3 août 2023.


Annick BERGER

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