La Gironde ravagée par des incendies

Incendies : la forêt peut-elle renaître de ses cendres ?

Léa Tintillier | Reportage TF1 Anaïs Barth, Marie Simon Le Gall, Grégoire Guisthau
Publié le 24 juillet 2022 à 22h23
JT Perso

Source : TF1 Info

Des agents de l’ONF ont voulu savoir si la forêt de Sénat (Ile-de-France) pouvait renaître de ses cendres sans aucune intervention de l’homme.
Selon eux, certains arbres repoussent après un incendie.
Près de Bordeaux, on teste aussi la forêt mosaïque.

Au milieu des herbes hautes, Franck Saintipoly, un agent de l’ONF, veille à la bonne évolution de jeunes pousses d’arbres. Des chênes et des pins plantés l’hiver dernier pour repeupler ce qu’il reste d’une parcelle en ruine. "Il faut s’imaginer cette zone-là avec des arbres. C’est une vraie forêt qui a été intégralement détruite par le feu", montre Franck Saintipoly, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

En 2018, un incendie criminel ravage 60 hectares de végétation, soit le plus gros sinistre qu’ait connu la forêt de Sénart (Ile-de-France). Après cette catastrophe, Franck Saintipoly et ses équipes ont voulu savoir si la forêt pouvait renaître de ses cendres sans aucune intervention de l’homme. "On a maintenu au sol le bois brulé qui restait encore sur place, qui va se décomposer avec le temps. On voit ici autour de nous que spontanément, il y a une végétation qui se met en place", explique-t-il. 

Comment est-ce possible ?

Certains arbres sont adaptés à des feux occasionnels. C’est le cas du pin. La chaleur fait fondre la résine des pommes de pin et libère ainsi leurs graines. Dès le printemps suivant l’incendie, les premières pousses apparaissent. Après trois ans d’observation, les forestiers ont ensuite replanté 40.000 arbres pour accélérer la régénération, mais 50 ans seront nécessaires pour que cette forêt retrouve son visage. 

Dans une forêt laboratoire près de Bordeaux, des scientifiques se demandent comment rendre la forêt du futur plus résiliente et quelles essences replanter. "Là, vous êtes sur une expérience à grande échelle. Il y a douze hectares d’arbres qui ont été plantés en 2008", explique Bastien Castagneyrol, chercheur en écologie forestière à l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). 

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Ils étudient ce qu’ils appellent la forêt mosaïque sur des terres réputées difficiles. Le sol est ici pauvre et sablonneux. "Sur cette parcelle de forêt, on a planté du bouleau, du chêne vert et puis bien sûr l’espèce emblématique de la région, le pin maritime", poursuit Bastien Castagneyrol. 

Mélanger les espèces enrichit la biodiversité et peut permettre aux arbres d’être mieux protégés, notamment face au risque d’incendies, mais pas seulement. "Les arbres sont mieux protégés des tempêtes qui causent des dégâts très importants, de la sécheresse et des attaques de champignons et d’insectes tout aussi destructeurs pour la forêt", affirme Christophe Plomion, directeur de recherche à l’INRAE. Pour faire face au changement climatique, ce modèle de forêt sera bientôt transposé dans certaines forêts landaises. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Anaïs Barth, Marie Simon Le Gall, Grégoire Guisthau

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