Depuis le début de l'année, les voitures électriques fabriquées en Chine avec une empreinte carbone élevée ne sont plus éligibles au bonus écologique.
Cette mesure a fait chuter la part de voitures chinoises vendues en France, selon les chiffres partagés par le gouvernement jeudi.
Reste à savoir si cette tendance va se poursuivre, avec l'arrivée de modèles chinois à petits prix.

Depuis le début de l'année, il n'est plus possible de faire financer une partie de son achat d'un véhicule électrique par un bonus si le modèle choisi ne remplit pas un certain nombre de critères environnementaux. Son empreinte carbone est notamment prise en compte : les matériaux utilisés, l'assemblage, la batterie et sa fabrication encore très émettrice en CO2, ainsi que le transport du véhicule de son lieu de fabrication.

Un changement qui a exclu de fait toutes les voitures électriques de marque ou de fabrication chinoise, laissant vingt-deux marques disponibles, dont une majorité d'européennes comme Audi, Cupra, Skoda (groupe Volkswagen), BMW et Mini, Mercedes, Renault, ou Citroën, Fiat, Opel et Peugeot (groupe Stellantis).

De 49% à 15% pour les voitures assemblées en Chine

SGPE

Avec quels résultats ? Selon les chiffres du secrétariat à la planification écologique (SGPE, voir ci-dessus), cette mesure a permis d'inverser les courbes : en décembre 2023, la part de véhicules électriques assemblés en Chine et vendus en France était de 49% et celle des modèles européens de 36%. 

Quelques mois plus tard, et après l'entrée en vigueur de la modification, la part de voitures fabriquées en Chine est tombée à 24% ; et celle construite en Europe est remontée à 58%. Selon des chiffres actualisés présentés jeudi par le gouvernement à l'occasion d'un séminaire consacré à l'écologie, cette tendance se poursuit : les voitures électriques assemblées en Chine ne représentaient que 15% du total à la fin du mois d'avril.

À noter que ce changement de règle pour le bonus écologique a surtout profité aux voitures assemblées en Europe, mais en dehors de la France (seuls quelques modèles le sont à ce stade dans l'Hexagone, dont une partie sont des utilitaires). Ainsi, selon les chiffres du SGPE, 9% des voitures électriques vendues en France avaient été assemblées dans le pays en décembre 2023, contre 12% en février. 

Baisse des bonus

Une évolution marquée toutefois par un bonus amoindri pour les ménages français les plus aisés, puisqu'il est passé de 5000 à 4000 euros. Le bonus de 7000 euros pour l'achat d'une voiture électrique est désormais réservé aux personnes dont le revenu fiscal de référence par part (qui correspond globalement au revenu net annuel) est inférieur ou égal à 15.400 euros (soit 1376 euros net mensuels pour une personne seule). Par ailleurs, le bonus écologique pour les flottes d'entreprise a été supprimé.

Qu'importe, pour le gouvernement, cette évolution de la provenance des voitures électriques vendues en quelques mois montre toutefois que "la transition doit apporter de l'activité économique" au territoire. 

Reste à voir ce que donneront les ventes actuelles et futures et les conséquences de l'arrivée sur le marché de nouveaux modèles français à la fin de l'année ; tout comme d'éventuels modèles chinois très bon marché. À ce stade, ils sont déployés en Chine : par exemple, la Hongguang Mini de Wuling, vendue à 1,2 million d'exemplaires sur place, est disponible à partir de 5600 dollars.

Mais selon une étude dévoilée lundi et réalisée par la Fondation pour la nature et l'Homme (FNH) et de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), la production française pourrait pourtant être compétitive face à tous ces pays à l'horizon 2030. 


Marianne ENAULT

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