En présentant le plan canicule, l’adjoint à Paris à l’Écologie a fait le comparatif entre Paris et Séville.
Selon lui, les températures parisiennes devraient bientôt être similaires à celles de la ville espagnole.
Il s’appuie sur une étude conduite en 2021 et qui projette +2,5 °C à l’horizon 2030, par rapport à 1885.

En présentant son nouveau plan d’urbanisme à la presse mardi 6 juin, la mairie de Paris a cherché à adapter la ville à des vagues de chaleur sans précédent. Et pour cause : selon l’adjoint chargé de la transition écologique, Dan Lert, "dans les prochaines années, le climat de Paris ressemblera à celui de Séville. Il s'agit de passer d'une ville radiateur à une ville oasis, et réaliser une nouvelle révolution haussmannienne".

Ce plan, qui prévoit notamment des brumisateurs dans les parcs et de nouvelles plantations d’arbres, cherche à remplir deux ambitions : façonner au mieux la capitale face au changement climatique et la rendre neutre en carbone d’ici à 2050, un objectif également national. 

"La canicule de 2003 pourrait devenir la norme"

Pour faire un tel comparatif entre le futur climat parisien et celui de la ville andalouse, l’adjoint de Paris s’est fondé sur les travaux du Giec, compilés dans une étude commandée par la municipalité. En effet, les trois scénarios évoqués par les scientifiques, du meilleur au pire (d’une hausse de la température mondiale allant de 2°C à 5°C), ont permis à la mairie de Paris de publier en 2021 de nouvelles projections, réalisées par un cabinet de conseil danois. La mairie de Paris a ici voulu mettre à jour ses données datant de 2012 sur les conséquences du dérèglement climatique sur différents aspects, des ressources en énergie, en eau, jusqu’à la santé des habitants. Les résultats sont sans appel : par rapport à 1885, la température moyenne à Paris pourrait augmenter d’environ 2,5 °C en 2030 et d’environ 2,7 °C en 2050. 

Si l’étude ne mentionne pas explicitement la ville de Séville, l’adjoint d'Anne Hidalgo a pu l’évoquer lui-même dans un entretien au Parisien. "En fait la canicule de 2003 pourrait devenir la norme à l’horizon 2030. On n’exclut pas un pic de chaleur à plus de 50 degrés. En 2019, nous avons d’ailleurs déjà eu un pic de 42,6 degrés à l’ombre à Paris. Il y aura aussi des pluies torrentielles avec des risques d’inondation plus élevés. À terme, il faut se dire que le climat parisien pourrait s’apparenter à celui de Séville", a alors averti Dan Lert. Sollicité, l’élu n’était pas revenu vers nous pour le moment.

Aujourd’hui à Séville, les températures moyennes sont estimées à 27°C en juillet et en août et peuvent grimper jusqu’à 35°C à cette période. Et ce, sans épisodes de chaleur extraordinaires. Récemment, elle était l’une de ces villes d’Espagne à avoir fait les gros titres de l’actualité pour sa température allant jusqu’à 40°C… en plein mois d’avril. À l’été 2022, après un nouveau record de chaleur battu, Séville a fait le choix de nommer ces épisodes de canicule devenus trop nombreux et de les catégoriser pour mieux les appréhender. 

S’agissant de Paris, des comparaisons avec le climat d’autres villes ont déjà eu lieu. C’est le cas de Canberra, en Australie, dans une étude conduite en 2019 par des chercheurs de Zurich et qui reposait sur le scénario le plus optimiste du réchauffement climatique. 

La comparaison des températures à Paris et à Séville en 2023, selon le site agrégateur de données Weather Spark
La comparaison des températures à Paris et à Séville en 2023, selon le site agrégateur de données Weather Spark - WeatherSpark.com

Sentant l'urgence à agir, des élus du conseil de Paris ont alerté sur un "Paris à 50°C" en amont du plan d’urbanisme. Ces derniers ont formulé 85 recommandations, comme celles de végétaliser les bâtiments ou de ne plus accueillir d’événements sportifs… un an avant l'organisation des JO dans la capitale. De manière générale, les villes doivent repenser leur environnement puisqu'elles sont de véritables "ilots de chaleur", selon le Giec. Paris serait même la ville européenne où l’on risque le plus de mourir de chaud, d'après une récente étude publiée dans The Lancet.

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Caroline QUEVRAIN

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