Un risque élevé d'allergies aux pollens a été déclaré pour les trois quarts du pays.
Un phénomène qui a "quelques jours d'avance" par rapport à la moyenne.
En cause, la floraison précoce des arbres, provoquée par des températures anormalement douces et de faibles précipitations.

"Le carnaval des pollens" a déferlé sur la France, selon le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), depuis quelques jours, donnant des sueurs froides à toutes les personnes allergiques. Un risque élevé avait été déclaré dans les trois quarts du pays pour le mardi 21 février. La situation devrait s'améliorer dans les prochains jours, mais annonce d'ores et déjà un allongement de la période de risques allergiques.

Des quantités de pollens bien plus importantes

Celle-ci débute habituellement début mars. Mais cette année, l'alerte a "quelques jours d'avance", reconnaît Samuel Monnier, ingénieur communication au sein du Réseau. Par ailleurs, les concentrations sont plus élevées que d'habitude, que ce soit de pollens d'aulnes ou de noisetiers partout en France, mais aussi de cyprès sur le pourtour méditerranéen, nourries par les actuelles conditions météorologiques.

"Ces dernières semaines, on a eu un anticyclone qui était bloqué sur la France, des températures qui étaient douces. Du soleil pour tout le monde et pas de pluie, c'est ça qui a favorisé la floraison des arbres, et notamment les espèces les plus allergisantes en France", explique à TF1info Samuel Monnier, estimant que "les températures actuelles en France sont quasiment dignes d'un mois de mars-avril". 

Les précipitations prévues dans les prochains jours dans certains départements devraient offrir un répit pour les allergiques. Celui-ci ne sera cependant que temporaire. "Malheureusement, dès que le soleil reviendra par la suite, les pollens seront de nouveau de sortie et gêneront les allergiques", précise l'ingénieur. La période de risques est donc allongée cette année.

Or, cette tendance n'est pas nouvelle et est une conséquence directe du changement climatique, comme a pu le montrer une étude notamment menée par le RNSA. Dans celle-ci, les chercheurs observent que les quantités de pollen de bouleau augmentent au même rythme que les températures. "D’après les simulations, les effets du changement climatique sur les pollens vont se poursuivre et même s’amplifier dans le futur", note cette étude. Alors que les scientifiques du Giec prévoient un réchauffement global de la planète lié au réchauffement climatique, avec une hausse des températures, le problème du pollen pour les allergiques risque donc bien de continuer à se poser

D'autant que le nombre de personnes allergiques aux pollens a tendance à augmenter ces dernières années. Afin de supporter cette période, l'Association des pollinariums sentinelles de France appelle par conséquent les allergiques à aérer leur maison soit le matin, soit le soir, d'éviter les activités de jardins ou encore de ne pas rouler en voiture avec la vitre ouverte. "Et puis c'est important de faire un bilan chez un médecin allergologue pour savoir à quoi on est allergique et pouvoir adapter les traitements", conseille auprès de TF1info Salomé Pasquet, botaniste au sein de l'association. 


Aurélie LOEK

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