Les baleines ont été entendues de plus en plus souvent dans l'océan Austral entre 2006 et 2021.
Ces augmentations dans les données récoltées suggèreraient pour certains une résurgence des cétacés.
La chasse à la baleine sur le territoire avait largement contribué à la réduction critique des animaux.

Les baleines ont été entendues de plus en plus souvent dans l'océan Austral entre 2006 et 2021, confirme un nouvel article rassemblant les résultats de sept voyages de chercheurs australiens et internationaux au cours de cette période. 

Ces chercheurs ont passé près de deux décennies à écouter les chants et cris distinctifs des cétacés nageant parmi ces eaux de plus en plus fréquemment. L'analyse de milliers d'heures d'audio, collectées avec de divers hydrophones, suggère que le nombre de baleines est stable ou en augmentation, selon Brian Miller, chercheur principal de la Division Australienne de l'Antarctique (AAD).

"Quand vous regardez avant le début de ce travail par l'AAD, nous avons eu très peu de rencontres avec ces animaux – et maintenant, nous pouvons les produire à la demande", a déclaré Miller. "Soit leur nombre augmente, soit nous augmentons notre capacité à les trouver, et ces deux choses sont de bonnes nouvelles", a déclaré Miller auprès de The Guardian.

La surveillance des cétacés s’opère aujourd’hui à l’aide d’une multitude de méthodes. Pistage par satellite, échantillonnage d'ADN, drones et intelligence artificielle, tous ces outils fournissent aujourd’hui toujours plus de données sur les populations de baleines dans nos océans. Brian Miller assure que les bouées sonores constituent l'un des moyens les plus rentables d'étudier les rorquals bleus. Chaque bouée sonore dispose d'un hydrophone qui retransmet le son au navire en temps réel via une liaison radio VHF.

La chasse à la baleine dans l'océan Austral est interdite depuis des décennies en raison de son industrialisation effrénée au siècle dernier qui a amené plusieurs espèces de grandes baleines au bord de l'extinction. Les mesures de protection mises en place pourraient expliquer pour certains un scénario positif pour le devenir des plus gros animaux sur terre. 

Sollicitée par TF1info, Sylvie Dufour, chercheuse au CNRS et au BOREA (Biologie des Organismes et des Écosystèmes Aquatiques), se montre toutefois prudente à ce sujet. 

"On les détecte beaucoup plus facilement qu'avant"

Pour la spécialiste, les résultats obtenus dans l'océan Austral sont surtout à mettre au compte des progrès réalisés sur les moyens de recherches. "On a des technologies bien meilleures pour étudier les baleines avec de l'intelligence artificielle qui permet par exemple, avec des caméras infrarouges, de compter les souffles de baleines. On les détecte beaucoup plus facilement qu'avant, juste à l'œil nu et à la jumelle", estime Sylvie Dufour. 

Sans écarter l'hypothèse d'une amélioration de la préservation des baleines dans l'océan Austral, la scientifique se montre plus pessimiste. "Depuis un moment, on peut lier l'interdiction de la pêche à la baleine à l'augmentation des populations. Mais on pense que cette augmentation sera limitée en raison des effets du changement climatique sur les milieux marins."


Axel JUIN

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