Avec 1003 individus recensés, la population de loups a baissé de 9% en France en 2023, selon les dernières données publiées ce jeudi.
Il s'agit là de la première baisse en la matière en une décennie.
Catalyseur des tensions entre associations environnementales et agriculteurs, la protection des loups revient dans le débat après ce nouveau bilan.

La protection des loups en France en débat. Pour la première fois en dix ans, la population du canidé a réduit l'année dernière, avec une baisse de 9% du nombre d'individus en 2023 par rapport à 2022. 1003 loups ont été recensés sur cette période, contre 1096 sur les douze mois précédents, selon des chiffres révélés dans un communiqué six associations de défense de la nature, dont le WWF France et la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Une donnée confirmée à l'AFP par une source administrative proche du dossier. 

"Cette nouvelle estimation renforce le constat que (l'espèce) n'est pas en bon état de conservation", regrettent les associations environnementales dans leur communiqué. Elles demandent la baisse du quota du nombre de tirs autorisés du prédateur, fixé aujourd'hui à 19% de l'effectif. Mais, dans le même temps, les attaques de loups sont en augmentation au niveau national. "Pour 2024, on est sur une hausse des constats et des victimes", confirme Claude Font, référent du dossier prédation à la Fédération nationale ovine (FNO).

Des "loups sacrifiés" selon les ONG environnementales

Une situation qui fait craindre aux défenseurs du loup une volonté de moins en moins forte des pouvoirs publics de protéger la survie de l'espèce en France. "Les loups sont sacrifiés sur l'autel de la démagogie agricole", s'agace Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO. Au-delà des tirs autorisés, "on constate qu'il y a une recrudescence de braconnage et d'empoisonnement", reproche le militant. En septembre, les ONG avaient déjà jugé "inacceptable" le nouveau Plan national loup 2024-2029. Celui-ci Ce plan prévoit notamment un accompagnement renforcé des éleveurs face à la prédation de leur bétail et des tirs facilités du carnivore. La France milite aussi pour une révision à la baisse du statut protégé de l'espèce.

Ce nouveau texte modifiera aussi la manière dont le "comptage" des loups est établi. Cette estimation, établie par l'Office français de la biodiversité (OFB) à partir d'indices (traces, hurlements, analyses génétiques, etc.), impliquait jusque-là un chiffre provisoire publié à la sortie de l'hiver puis confirmé par la suite. Avec la nouvelle méthode, un seul chiffre sera publié fin 2024 et servira de base pour fixer le quota des prélèvements de loups en 2025, selon la même source administrative proche du dossier.

Après avoir été exterminé en France, le loup est réapparu au début des années 1990 en traversant les Alpes depuis l'Italie. Ses rangs ont progressivement grossi, au grand dam des éleveurs qui ont déploré plus de 12.000 bêtes attaquées en 2022. 


T.A. avec AFP

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