Après une année de remous, la plage flottante Canua Island a été inaugurée ce jeudi au large de Mandelieu-la-Napoule.
Ce trimaran de 1750 m² est très critiqué par les défenseurs de l'environnement qui dénoncent une aberration écologique.
Conçu pour accueillir 350 personnes, Canua Island est pour le moment réservée à l’événementiel.

Paradis flottant ou désastre écologique ? Repoussée l'an passé après une polémique sur son impact environnemental, la plage flottante artificielle Canua Island a été inaugurée jeudi 16 mai au large de Mandelieu-la-Napoule, sur la Côte d'Azur, comme l'ont annoncé vendredi ses promoteurs. 

Cette luxueuse plateforme de 1750 m² sur deux étages, posée sur un trimaran et ancrée à 600 mètres du bord de mer, peut accueillir jusqu'à 350 personnes. Elle propose d'allier l'expérience d'une plage privée à celle d'une sortie en mer, avec un bar-lounge, un restaurant, une piscine d'eau douce…

Une aberration écologique pour ses détracteurs

L'an dernier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier (Renaissance), avait fustigé "une aberration écologique". Une pétition évoquant les nuisances pour la faune, la flore et les riverains avait recueilli près de 20.000 signatures. Vendredi, une vingtaine de maires de communes littorales de la région – pour beaucoup plutôt proches de la majorité présidentielle – dont Christian Estrosi, maire de Nice et Josée Massi, maire de Toulon, ont signé une tribune dénonçant "cette exploitation commerciale du milieu marin".

Le maire LR de Cannes, David Lisnard a, pour sa part, réclamé que les édiles des communes littorales puissent réguler le trafic maritime en face de leur territoire, s'insurgeant en particulier contre la "concurrence déloyale" d'une plateforme comme Canua Island vis-à-vis des plagistes et restaurants soumis aux taxes et règlements de la commune.

On est le bon élève et au lieu de nous prendre en exemple, on nous attaque
Marc Audineau

Mais la justice, saisie par les promoteurs, a enjoint à l'automne à l'État d'accorder ses autorisations au trimaran. Les promoteurs de ce projet de 16 millions d'euros mettent en avant leurs efforts en matière de respect de l'environnement par le navire, qui bat pavillon français et paie donc des taxes à l'État. Ils font ainsi valoir que les moteurs tournent au biocarburant, qu'un dessalinisateur fournit l'eau douce et que les déchets et toutes les eaux usées sont retraités à terre.

Canua Island n'est pas le premier bateau à emmener des grands groupes de touristes en excursion en mer, et il gâche nettement moins le paysage de la baie de Cannes que les navires de croisière, a fait valoir à l'AFP Marc Audineau, ancien champion de voile et cheville ouvrière du projet. 

"On est le bon élève et au lieu de nous prendre en exemple, on nous attaque", a-t-il déploré. Compte tenu de la polémique, la plage flottante ne sera pas ouverte au public cette saison. Basée à La Seyne-sur-mer, près de Toulon, elle effectuera des sorties épisodiques au large de différentes communes de la Côte d'Azur pour des événements privés : séminaires d'entreprises, mariages... Les promoteurs ont reçu pour l'instant une trentaine de demandes de réservation.


Rania HOBALLAH

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