Mardi 14 juin, le Prix Jeunes pour l'Environnement 2022, organisé par Entreprises pour l’environnement (EpE) dont TF1 et LCI sont partenaires, a été décerné à Félix Veith et Matteo Lostanlen.
Leur projet, "Pyronear : une solution de détection précoce des départs de feux de forêts", propose de placer entre les arbres des petits boîtiers, dotés de caméras, pour prévenir les pompiers de tout départ d’incendie le plus rapidement possible.
Explications et interview.

"Tech et transition écologique, du low tech au high tech : quelles technologies pour réussir ?" La thématique de la 17e édition du prix d’entreprise pour l’environnement (EPE) laissait aux jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans une grande liberté pour proposer des solutions innovantes et concrètes.

La high-tech, omniprésente dans notre quotidien, révolutionne les modes de fonctionnement de nos sociétés. Or, rien que ces deux dernières années, les outils informatiques et connectés ont généré plus de 90 % de l’ensemble des données numériques émis depuis la création d’Internet. Les énormes serveurs qui les font fonctionner consomment beaucoup d’énergie. De quoi interroger l’empire de la tech sur son empreinte environnementale.

Le projet de Félix Veith et Matteo Lostanlen, visant à aider les pompiers à détecter les feux le plus rapidement possible, a emporté les suffrages du jury d’une trentaine de spécialistes, dont la présidente était Sarah Pedroza, co-directrice générale de Hello Tomorrow. Le constat reste en effet assez sombre : en 2020, 340 000 hectares de forêts ont brûlé dans l’Union européenne, d’après un rapport du Centre commun de recherche de la Commission européenne (JRC). L'impact du changement climatique "devient plus perceptible chaque année" sur l'augmentation des incendies de forêt en Europe. "On observe une tendance à la hausse des risques d'incendie, à l'allongement des périodes de feux saisonniers et au déclenchement de "mégafeux" intenses à propagation rapide, contre lesquels les moyens de lutte traditionnels sont d'un faible secours", s’alarme le JRC. Les zones protégées du réseau Natura 2000 en sont les principales victimes. Félix et Matteo, ingénieurs en informatique, veulent déployer des micro-ordinateurs de la taille d’une carte bleue, en hauteur, pour surveiller tout départ de feux de forêt.

Les pompiers de l'Ardèche acteurs du projet Pyronear

Depuis quand vous intéressez-vous à la protection de l’environnement ?

Nous faisons partie d’une génération très sensibilisée par la protection de l’environnement. S’adapter et lutter contre le réchauffement climatique, protéger les forêts, trouver des activités humaines soutenables, etc. Autant de sujets majeurs qui nous taraudent depuis pas mal de temps. Pour nous, trouver des solutions devient impératif. Nous avons choisi de nous tourner vers la protection des forêts.

Comment aidez-vous les pompiers ?

Nous développons une solution de deep learning embarquée, capable d’augmenter la couverture des systèmes de détection automatique. Installés en hauteur, nos dispositifs aussi petits que des cartes bleues permettent de surveiller de manière automatique tout départ de feux. Les ordinateurs embarqués analysent les données et les transmettent immédiatement aux pompiers. Chaque minute compte après un départ de feu. Ils doivent intervenir le plus vite possible pour en limiter la propagation. Nous souhaitons faire de Pyronear un centre de référent des feux de forêts, une solution réplicable, économique et peu consommatrice de ressources.

Comment réagissent les pompiers ?

Les pompiers nous apportent beaucoup, nous n’aurions pas pu développer notre dispositif sans eux. Ils vivent au quotidien les risques d’incendie et s’intéressent à l’innovation. Ils connaissent le terrain et les enjeux. Sans avoir expérimenté le fonctionnement d’un centre des opérations, qui sonne dans tous les sens en recevant les alertes, on ne peut pas dessiner une bonne solution. Nous avons appelé au hasard des centres départementaux de secours. Le Service Départementale d’Incendie et de Secours de l’Ardèche, le SDIS 07, nous a ouvert leurs portes. Motivés, ils ont pu convaincre leur direction et nous permettent d’envisager une plateforme adaptée à leur utilisation.

Que vous apporte ce prix ?

Beaucoup de surprise. La somme que nous recevons (NDLR : 8 000 euros de la part du sponsor EDF) nous permettra d’acheter du matériel, de pousser nos activités de recherche, tester de nouvelles choses et couvrir nos déplacements. Aujourd’hui nous avons essentiellement besoin de contact pour faire connaître notre projet.

Les autres lauréats

Lors de la remise des prix, trois autres projets ont été distingués : Kokpit (service de prêt de couches lavables) de Simon Delliaux et Niclas Igmansson a décroché la deuxième place et une dotation de 5 000 euros offerts par le CNES, sponsor du 2e prix, l’Atelier du Zéphyr (L’Auto-construction au service de la sobriété énergétique) d’Aurélie Guibert et Clément Gangneux est monté sur le podium, avec à la clé un prix de 3 000 euros offert par le sponsor Groupe Iliad, et Netflush (pour des chasses d’eau non-potable) d’Adèle Legros et Tristan Kerouredan repart avec les 1 000 € de la quatrième place, offert par le site d’information Actu-Environnement.


Geoffrey LOPES

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