L'info passée au crible

Oui, un requin-renard a bien été mis en vente dans un magasin Leclerc

Felicia Sideris
Publié le 17 septembre 2020 à 19h15, mis à jour le 17 septembre 2020 à 22h38
Un requin-renard mis en vente dans un hypermarché Leclerc, à Vitry-sur-Seine, le 16 septembre 2020

Un requin-renard mis en vente dans un hypermarché Leclerc, à Vitry-sur-Seine, le 16 septembre 2020

Source : Sea Shepherd France

ESPÈCE PROTÉGÉE - Photos à l'appui, plusieurs internautes, relayés par une ONG de défense des animaux marins, se sont inquiétés ce mercredi de la vente d'un requin-renard dans un hypermarché du Val-de-Marne. Une photo authentique.

11 euros et 90 centimes pour s'offrir un kilo d'une espèce menacée. C'est le prix affiché par un magasin Leclerc qui a proposé à la vente du requin-renard dans son hypermarché de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Le cliché de l'animal, dont la gueule a été installée à côté des steaks, a fait le tour des réseaux sociaux ce mercredi 16 septembre. Une photo jugée choquante mais véridique, qui a poussé le magasin à réagir. 

Une enquête interne ouverte

Au-delà des différents internautes qui se demandent si une telle image est bien normale, c'est l'ONG Sea Shepherd qui a dénoncé la vente de cette espèce "menacée" et dont la pêche est interdite. De fait, comme le relève l'organisation de protection des écosystèmes marins et de la biodiversité, il est bien interdit en France - et dans toute l'Union européenne - de pêcher ce poisson. Seulement, rien n'interdit de mettre cet animal sur un étal. Et ce à cause d'une subtilité. Ainsi, seule la pêche dite "volontaire" ou "ciblée" de l'animal est prohibée. Mais pas celle "accidentelle". Une réglementation, propre à chaque espèce, qui autorise donc la vente de certains animaux menacés s'ils atterrissent malencontreusement dans les filets.

L'enseigne avait donc tout à fait le droit de mettre cet animal en vente. Reste que cela pose un problème d'ordre "éthique" selon l'ONG qui dénonce le comportement d'une enseigne qui "assume la promotion et la mise en avant macabre d’une espèce menacée". 

Une mauvaise publicité pour ce groupe, qui s'est pourtant engagé "pour une pêche et une consommation plus responsables". Raison pour laquelle le magasin val-de-marnais a tenu à réagir, indiquant sur Facebook que le poisson avait été "retiré de la vente sitôt l'information portée à la connaissance [des] équipes" et a annoncé avoir diligenté une "enquête interne" afin de faire le clair sur ce qui est décrit comme une "erreur". Sollicités par LCI, ni l'enseigne Leclerc ni le ministère de l'Agriculture n'avaient, à l'heure ou nous publions ces lignes, donné suite à nos demandes.   


Felicia Sideris

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