Pénurie d'eau à Mayotte : les restrictions encore durcies, les autorités alertent sur une "risque sanitaire important"

par A.B. avec AFP
Publié le 10 octobre 2023 à 16h26, mis à jour le 18 novembre 2023 à 0h59

Source : JT 20h WE

L'archipel de l'océan Indien, déjà soumis à d'importantes restrictions d'eau, va subir un nouveau tour de vis.
À compter de mercredi, la période d'accès au précieux liquide sera réduite à 18h au lieu de 24h.
Le manque d'eau a également favorisé une épidémie de gastro-entérite.

Nouveau coup dur pour les Mahorais. Alors que le petit archipel de l'océan Indien est frappé par une sécheresse historique, l'État a annoncé un nouveau tour de vis sur la distribution d'eau. "À compter du mercredi 11 octobre, les tours d'eau de deux jours sur trois sont maintenus, mais la période d'accès à l'eau est réduite à 18h au lieu de 24h", pour "préserver les retenues jusqu'à mi-novembre", a prévenu la préfecture de Mayotte lundi soir dans un communiqué.

Cette annonce intervient alors que le département le plus pauvre de France subit sa plus importante sécheresse depuis 1997 et que la distribution en eau du territoire dépend largement des eaux pluviales, conservées dans deux retenues collinaires. "Malgré l'élargissement des périodes de coupures", le niveau de ces retenus "continue de baisser à une vitesse alarmante", pointe ainsi la préfecture de Mayotte. 

Une menace sanitaire importante

Selon les derniers chiffres publiés, la retenue de Combani, dans le centre de l'île, est remplie à 13,6% et celle de Dzoumogné, au nord, à 7%. "Au rythme des prélèvements actuels, la vidange complète des retenues collinaires interviendra à la fin du mois d'octobre. À compter de cette date, le département disposera de moins de la moitié de ses besoins en eau", complète la préfecture. Le manque d'eau a entraîné une grave crise sociale dans ce département, qui manque d'infrastructures et d'investissements alors qu'il observe une croissance démographique de 4% par an. 

La pénurie a également des conséquences sanitaires, Santé publique France ayant alerté sur le fait que le manque d'hygiène a favorisé une épidémie de gastro-entérite. Dans son point de situation publié le 6 octobre, SPF pointe que les restrictions à l'eau potable ont "probablement pour conséquence une intensité et une durée de l'épidémie supérieur à ce que l'on a observé ces dernières années". 

Choléra, hépatite A, fièvre typhoïde et de poliomyélite redoutés

"L'épidémie se maintient car il y a moins d'hygiène à cause du manque d'eau, les gens prennent moins de précautions", souligne Youssouf Hassani, responsable de la cellule de Santé Publique France à Mayotte. Treize personnes ont dû être admises en réanimation suite à des complications de la maladie. Par ailleurs, Santé publique France surveille d'éventuelles épidémies de choléra, d'hépatite A, de fièvre typhoïde et de poliomyélite, alertant sur "la menace sanitaire importante" pour la population mahoraise. "En raison de leur mode de transmission et la détection régulière de foyers de contamination sur le territoire, ces maladies hydriques pourraient faire l'objet de flambées épidémiques, à cause de la pénurie d'eau à Mayotte", avertit l'agence.


A.B. avec AFP

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