Pesticides : des fruits et des légumes européens encore touchés par des "polluants éternels", selon des ONG

par F.Se avec AFP
Publié le 27 février 2024 à 10h21

Source : TF1 Info

Les "polluants éternels" seraient de plus en plus présents sur les étals européens.
Des ONG ont démontré leur forte augmentation dans les fruits et légumes produits dans l'Union.
Les fruits d'été sont particulièrement touchés par ces résidus de pesticides.

Il y aurait toujours plus de "polluants éternels" (PFAS) dans les fruits et légumes dans les assiettes des européens : selon plusieurs ONG, la présence de pesticides contenant ces substances chimiques a explosé entre 2011 et 2021 dans les végétaux consommés dans l'Union européenne, notamment dans les fruits d'été.  

Selon une analyse des résidus de pesticides dans les aliments des États membres, menées sur 278.516 échantillons, le volume de fruits contaminés par des résidus PFAS a cru de 220% entre 2011 et 2021. Les plus touchés sont notamment les fruits d'été, comme les fraises (contaminées à 37% en 2021), les pêches (35%) ou les abricots (31%), selon le rapport publié ce mardi par plusieurs associations. 

Les PFAS, des "polluants éternels"

Pour les légumes, proportionnellement moins touchés par cette contamination, l'augmentation est de 247% sur dix ans, les endives (42%) et les concombres (30%) étant les plus contaminés en 2021. Dans les 20 pays de l'UE étudiés, les fruits et légumes cultivés aux Pays-Bas (27%), en Belgique (27%), Autriche (25%), Espagne (22%), Portugal (21%), Grèce (18%) et France (17%) sont ceux qui contiennent le plus de traces de PFAS. 

Les PFAS doivent leur surnom de "polluants éternels" au fait qu'ils sont très peu dégradables une fois dans l'environnement et, pour certains, à leur effet néfaste sur la santé. Ils sont habituellement évoqués pour leur utilisation dans l'industrie ou dans des produits de consommation comme les revêtements antiadhésifs des poêles.  

Mais l'agriculture utilise aussi ces substances. Selon le rapport, les PFAS à usage agricole les plus fréquents entre 2011 et 2021 ont été le fongicide fluopyrame, l'insecticide flonicamide et le fongicide trifloxystrobine. Selon un communiqué de Générations Futures et de PAN Europe, les résultats du rapport "montrent que l'utilisation des PFAS dans les pesticides entraine une ingestion de plus en courante" des résidus de ces substances "chez les consommateurs européens".

L'Union européenne a fait l'an dernier un premier pas pour une restriction de l'usage des PFAS. Mais les pesticides classés PFAS sont exclus du champ de cette restriction, car les produits phytosanitaires sont réglementés par leur propre texte. "L’accumulation continue de PFAS dans les sols, les eaux, la chaîne alimentaire et les cocktails qui en résultent présentent des risques chroniques pour la santé humaine. Il est urgent de (les) interdire (...) dans tous les produits alimentaires et aliments pour animaux afin (...) de protéger la santé des citoyens" européens, estiment les deux associations dans leur conclusion. 


F.Se avec AFP

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