Plastique à usage unique : ce qui est déjà interdit, ce qui va bientôt l’être

ML
Publié le 1 janvier 2022 à 14h38
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

ÉCOLOGIE - À compter du 1er janvier 2022, les emballages en plastique sont bannis pour de nombreux fruits et légumes. On fait le point sur les interdictions sur le plastique à usage unique déjà en vigueur, et celles qui se préparent pour les années à venir.

Radis, poireaux, navets, pommes, clémentines... à compter de ce samedi 1er janvier 2022, il est désormais impossible de trouver en magasins un large panel d’une trentaine de fruits et légumes emballés dans du plastique, dès qu’ils pèsent moins d’un 1,5 kg. Seuls certains produits pourront bénéficier d’une rallonge d’ici 2026, le temps que la mesure se mette en place, comme les fruits rouges, susceptibles de se dégrader rapidement sans emballage. 

Seconde mesure de tolérance dans le cadre de ces restrictions: pour permettre d’écouler les stocks, les fruits et légumes "produits ou importés avant le 1er janvier 2022" emballés sous plastique peuvent encore être proposés à la vente pendant six mois. 

Thés et tisanes, blisters...

Une mesure fixée par le décret du 8 octobre 2021, dans le cadre de la loi anti-gaspillage du 10 février 2020, qui prévoit d'autres interdictions : à compter de ce samedi, il n'est plus autorisé de produire des sachets de thé et de tisane en plastique non biodégradables, détaille le site du ministère de l’Économie. Par ailleurs, est aussi proscrite la production d’emballages et de sacs fabriqués avec du plastique oxodégradable, un matériau souvent présenté comme plus écologique car pouvant se dégrader au contact de la lumière ou de la chaleur, mais qui se fragmente en réalité en microparticules qui peuvent se retrouver dans la nature et la polluer. 

À noter également, les sachets plastiques qui recouvrent les journaux et les publicités sont désormais écartés, ainsi que les jouets en plastique offerts dans les menus de fast-foods, relève le site Vie Publique. Pour limiter les recours aux bouteilles plastifiées, les établissements qui reçoivent du public doivent par ailleurs s’équiper d’au moins une fontaine à eau. Un ensemble de mesures et d'interdictions qui s’ajoutent à une liste de plus en plus longue au fil des années. 

Depuis 2017, les sacs plastiques à usage unique bannis de tous les commerces

Et pour cause, les contenants en plastique polluent l’environnement dès qu’ils ne sont pas recyclés. Et dans ce domaine, la France accumule un retard significatif : en novembre, Citeo, l'organisme qui collecte le recyclage dans l’Hexagone, admettait que le taux de recyclage effectif des emballages plastiques ne grimpait qu'à 29% de ceux qui sont collectés, soit six points de plus seulement en six ans (23% en 2015), a contrario de nos voisins étrangers dont les taux grimpent à 50% pour l’Allemagne ou 46% pour le Royaume-Uni, selon une étude de PlasticsEurope en date de 2016. Un bilan bien loin des engagements d’Emmanuel Macron d’atteindre 100% de plastiques recyclés d’ici 2025. 

En 2019, un rapport parlementaire soulignait aussi le risque pour la santé que représentent les perturbateurs endocriniens, présents dans les contenants en plastique et susceptible de dérégler le système hormonal.

Pour tenter de juguler ce fléau, l’exécutif a décidé ainsi ces dernières années de mettre au ban de plus en plus d’emballages et d’objets en plastique à usage unique. Depuis 2016, impossible d’obtenir un sac de caisse en plastique à usage unique, qu’il soit payant ou non, une mesure étendue à tous les sacs proposés en points de vente en 2017 - exception faite des sacs compostables biosourcés, c’est-à-dire produits à partir de matière biologique ou végétale, comme des plantes ou des bactéries. 

À la place, des sacs en papier, en tissu ou en carton sont proposés. Avant cette interdiction, 5 milliards de sacs plastique à usage unique étaient distribués chaque année en caisse, des sacs qui mettent des centaines d’années à se dégrader et finissent souvent dans les océans, empoisonnant les espèces marines, signale Bercy. Un gérant de commerce qui ne se soumettrait pas à l’obligation encourt jusqu’à deux ans de prison et 100.000 euros d’amende.

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Plus de couverts jetables pour les repas sur place dans les restaurants en 2023

Suite à cette mesure, les restrictions se sont multipliées ces derniers mois. Depuis le 1er janvier 2020, c’est au tour des gobelets, verres et assiettes jetables en plastique d’être bannis, tout comme les bouteilles d’eau plate en plastique à la cantine dans les établissements scolaires. Les cotons-tiges en plastique sont aussi interdits à la production. 

Quant aux confettis, pailles, couvercles à verres jetables, touillettes, boîtes en polystyrène expansé (comme les boîtes à kebab) et couverts en plastique, ils disparaissent des rayons et des restaurants au 1er janvier de l’année 2021. Interdit également de distribuer des bouteilles en plastique dans des établissements recevant du public. 

La lutte contre le plastique à usage unique n’a pas prévu de s’arrêter. En 2023, on ne pourra plus utiliser de couverts jetables dans les restaurants si l’on consomme sur place, remplacée par de la vaisselle réutilisable. D’ici au 1er janvier 2025, la loi exige aussi que soient supprimés les emballages constitués de polymères ou de copolymères styréniques, des composants qui peuvent être toxiques s’ils sont relâchés dans la nature et qui ne sont pas recyclables. Des emballages que l’on peut retrouver sur les produits frais, par exemple. 

À l’horizon 2028 enfin, les collectivités territoriales de 2000 habitants ou plus devront écarter tout les contenants alimentaires en plastique dans les cantines scolaires et universitaires, mais aussi dans certains services de santé.


ML

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