"Polluants éternels" dans l'eau du robinet en Occitanie : un député saisit la justice

par M.D. avec AFP
Publié le 20 octobre 2023 à 18h06

Source : Sujet TF1 Info

Suite aux révélations du "Canard enchaîné" sur la présence de "polluants éternels" dans l'eau du robinet, le député du Gard Yoann Gillet (RN) a saisi la justice.
Également connus sous le nom de PFAS, ces composés chimiques invisibles peuvent avoir des effets sur la fertilité et le développement du fœtus, notamment.

L'affaire est désormais entre les mains de la justice. Un député Rassemblement national du Gard a saisi la justice pour qu'elle "fasse la lumière" sur la présence de "polluants éternels" dans l'eau du robinet, après la révélation par le Canard enchaîné d'un courrier interne de l'Agence régionale de l'eau (ARS) jugé "inquiétant". Le procureur de Montpellier, Fabrice Bélargent, a confirmé ce vendredi 20 octobre à l'AFP qu'il avait été saisi la veille par Yoann Gillet, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, qui permet à toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire de dénoncer des faits ou des propos à la justice. Il est "trop tôt" pour s'avancer sur la suite de la procédure, a-t-il précisé.

Le procureur de Montpellier fait allusion à un message qu'aurait envoyé le 23 septembre à ses cadres le directeur de l'Agence régionale de Santé (ARS) d'Occitanie, Didier Jaffre, et dont l'hebdomadaire satirique a publié cette semaine des extraits. Il indiquerait à ses collaborateurs qu'ils allaient "devoir changer d'approche et de discours" car "il y a des PFAS et des métabolites partout". "Et, plus on va en chercher, plus on va en trouver", aurait-il ajouté, en estimant que l'eau du robinet "ne doit plus être consommée, mais seulement utilisée pour tout le reste" et qu'il faut "donc privilégier l'eau en bouteille", selon des extraits publiés mercredi par le journal. 

Massivement présentes dans la vie courante (poêles en Teflon, emballages alimentaires, textiles, automobiles ...), les substances per et polyfluoroalkylées (PFAS), dites "polluants éternels", doivent leur surnom à leur cycle de vie très long et, pour certaines, à leur effet néfaste sur la santé. Ces composés chimiques peuvent se retrouver dans des rejets industriels et des sites d'enfouissement et ainsi contaminer différentes sources d'eau. En cas d'exposition sur une longue période, ils peuvent s'accumuler dans le corps humain. Des études ont montré que cela peut avoir des effets sur la fertilité et le développement du fœtus. Elle peut aussi augmenter les risques d'obésité, de certains cancers (prostate, reins et testicules) et le cholestérol. 

L'Agence régionale de Santé d'Occitanie n'a "pas de commentaire à apporter à ce sujet", a indiqué à l'AFP son directeur de la communication. "Il serait inexplicable que l'ARS taise un danger dont elle a connaissance", estime pour sa part le député, en réclamant que "les consommateurs qui n'ont pas d'autre choix que de consommer de l'eau du robinet puissent être éclairés". Le parquet de Lyon a annoncé le 10 octobre avoir saisi un juge en vue d'éventuelles mesures sanitaires, après la plainte déposée en mai par des associations accusant le groupe chimique Arkema d'atteintes à l'environnement et à la santé liées à l'utilisation de PFAS.


M.D. avec AFP

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