Yannick Jadot est le quatrième invité de l’émission "Mission Convaincre", à suivre ce mercredi soir sur LCI.
L’occasion pour lui de porter sa thématique phare : l’énergie.
Défenseur d'une sortie du nucléaire, le candidat écologiste ne se montre pas toujours précis sur le sujet.

C’est l’une des propositions de son programme qui le distingue de ses concurrents : la sortie du nucléaire entre 2040 et 2050, remplacé par 100% d’énergies renouvelables à cette échéance. Pour ce faire, Yannick Jadot avance régulièrement combien l’électricité issue des centrales est coûteuse et dangereuse à produire. Mais le candidat EELV n’est pas toujours dans le vrai. Notre équipe des Vérificateurs a passé au crible quelques-uns de ses arguments favoris.

Le nucléaire "plus cher" que le renouvelable : à nuancer

Dans le camp écologiste, on répète souvent que la production du nucléaire "coûte plus cher" que celle des énergies renouvelables. Ici, Yannick Jadot vise en réalité le prix des dernières générations de centrales nucléaires et non pas des anciennes, dont le coût a déjà été amorti d'après Réseau Action Climat. Aujourd’hui, le coût de production du nucléaire est plus important puisqu’il varie entre 112 et 189 dollars (entre 93 et 157 euros) le mégawattheure, contre 36 à 44 dollars (entre 30 et 36 euros) pour l'énergie solaire et 29 à 56 dollars (entre 24 et 46 euros) pour l'énergie éolienne. 

Mais pour RTE, il s’agit ici de "comparer le coût complet des différentes options (coût système) et non le coût individuel de chaque technologie". Dans une étude d'octobre dernier, le gestionnaire du Réseau de Transport d’Électricité s’est penché sur les différents scénarios de la future production énergétique en France ; l’objectif étant d’opter pour la meilleure alternative garantissant suffisamment d’électricité tout en respectant la neutralité carbone d’ici à 2050.

À la lumière de cet impératif, inclure de nouvelles centrales dans la future production d’énergie paraitrait plus raisonnable et moins coûteux qu’un scénario 100% renouvelables. RTE explique cela par "l’intégration de volumes importants d’éoliennes ou de panneaux solaires engendre de très importants besoins en flexibilités (stockage, pilotage de la demande et nouvelles centrales d’appoint) pour pallier leur variabilité, ainsi que des renforcements des réseaux (raccordement, transport et distribution)".

Non, des accidents nucléaires n’ont pas été évités de justesse

Autre argument avancé par Yannick Jadot, la dangerosité de l’utilisation des centrales nucléaires en France. Récemment sur France 2, ce dernier a affirmé que "plusieurs fois, on a été à quelques secondes ou à deux doigts de l’accident nucléaire majeur dans notre pays". Nous avons contacté son équipe de campagne après l’émission afin d’en savoir plus : celle-ci renvoie à l’absence de risque zéro dans la production d’énergie nucléaire, dont parlerait l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) en personne. 

Mais selon l’institution que nous avons interrogée, cela ne veut pas dire pour autant qu'un tel risque a déjà existé. "On n’est jamais passé très près d’un incident majeur", assure Christophe Quintin, l’inspecteur en chef de l’ASN. À propos de deux incidents de niveau 4 qui ont été recensés à Saint-Laurent-des-Eaux en 1969 et 1980, il estime que les conséquences auraient pu se révéler plus graves qu'elles ne l'ont été à l'époque. "Mais il n'y avait alors pas de risque de fusion totale", qui aurait constitué le pire des scénarios. Pour tout comprendre sur cet enjeu, vous pouvez retrouver notre article ici en lien.

80% des investissements dans le renouvelable ? C’est un peu moins

La solution d’avenir réside dans le renouvelable, selon Yannick Jadot qui tient pour preuve l’ampleur des investissements dans le monde aujourd'hui tournés vers les énergies vertes. Selon les chiffres du réseau REN21, auquel on doit depuis 2005 la publication annuelle d'un rapport sur la situation mondiale des énergies renouvelables, ainsi que ceux de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, les investissements en matière d'énergie se portent désormais en majorité sur le renouvelable. Un autre rapport, mené en 2021 par l’Agence internationale de l’énergie, confirme que "les énergies renouvelables dominent les investissements dans la nouvelle production d'électricité et devraient représenter 70% du total de 530 milliards d'USD dépensés en 2021 pour toutes les nouvelles capacités de production".

Cela dit, cela ne signifie pas que les États sont moins dépendants aux énergies fossiles. Les investissements dans ces matières demeurent en effet stables depuis maintenant dix ans. Ce qui fait dire à un organisme comme REN21 que "nous sommes loin du changement de paradigme nécessaire à un avenir énergétique propre, plus sain et plus équitable". Pour plus de détails, vous pouvez aussi lire notre article sur le sujet.


Les Vérificateurs

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