Près de cinq fois plus de personnes risquent de mourir sous l'effet de la chaleur extrême sur Terre dans les prochaines décennies, selon un rapport publié mercredi.
"La santé de l'humanité est en grave danger" si rien n'est fait contre le changement climatique, préviennent les auteurs du document.

"Un avenir très dangereux" : c'est ce que redoute Marina Romanello : la directrice du "compte à rebours sur la santé et le changement climatique", un rapport publié chaque année dans la revue médicale The Lancet, a dressé un tableau sombre pour les prochaines décennies. Notamment en raison d'une mortalité toujours plus forte sous l'effet de la chaleur extrême sur Terre.

Les chiffres dévoilés dans ce document laissent peu de place au doute. Dans le scénario d'un réchauffement planétaire de 2°C d'ici à la fin du siècle (il est en voie d'atteindre 2,7°C d'ici à 2100), les décès annuels liés à la chaleur devraient augmenter de 370% d'ici à 2050, soit une multiplication par 4,7. Si rien n'est fait, "la santé de l'humanité est en grave danger", préviennent les auteurs.

"Nous affrontons crise sur crise"

En 2022, les habitants du monde entier ont été exposés, en moyenne, à 86 jours de températures potentiellement mortelles, selon le "compte à rebours" du Lancet. Et le nombre de personnes de plus de 65 ans décédées à cause de la chaleur a bondi de 85% entre 1991-2000 et 2013-2022, estime ce rapport. Ces estimations interviennent alors que 2023 s'annonce comme l'année la plus chaude de l'histoire de l'humanité. 

Dans le scénario d'un réchauffement de 2°C d'ici à 2100, l'impact sur la santé humaine dépasserait la surmortalité. Environ 520 millions de personnes supplémentaires se retrouveraient en insécurité alimentaire modérée ou grave d'ici au milieu du siècle, selon les projections. Le rapport, qui présente 47 indicateurs, fait état d'autres dangers : des sécheresses plus fréquentes exposant des millions de personnes au risque de mourir de faim, des moustiques voyageant plus loin et transportant des maladies infectieuses, des systèmes de santé sous pression.

Face à ces multiples impacts, plus d'un quart des villes étudiées par les chercheurs a exprimé la crainte de systèmes de santé débordés. "Nous affrontons crise sur crise", prévient le Dr Georgiana Gordon-Strachan, dont le pays natal, la Jamaïque, traverse une épidémie de dengue. Et de souligner que "les habitants des pays les plus pauvres, souvent moins responsables des émissions de gaz à effet de serre, en payent le prix sur la santé".

Limiter le réchauffement à 1,5°C conformément à l'accord de Paris est un "impératif de santé publique", a jugé mercredi le chef de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. "Le monde va dans la mauvaise direction, incapable de réduire sa dépendance aux combustibles fossiles et laissant les populations vulnérables à l'écart de la transition énergétique dont elles ont tant besoin."


T.G.

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