Le coût des dégâts causés par les événements climatiques et météorologiques extrêmes pourrait doubler d'ici à 2050.
Pour financer le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles, les primes d'assurance devraient donc augmenter.
Bercy attend un rapport d'ici à la fin de l'année avant de se prononcer.

Au cours des 30 prochaines années, le coût des événements climatiques extrêmes pourrait doubler ; et les primes des assurances pour les couvrir tripler. Dans ce contexte, le déficit de financement du régime d'indemnisation des catastrophes naturelles devrait s'élever à 420 millions d'euros par an à horizon 2050. Pour y faire face, deux leviers : la prévention – avec des résultats seulement attendus à long terme – et la hausse des primes.

Mardi, la Caisse centrale de réassurance (CCR), détenue par l'État, a proposé d'augmenter la surprime sur les contrats d'assurance habitation et auto. Sur chacun de ces contrats souscrits, une part est systématiquement prélevée pour financer le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles : respectivement 12% et 6%, soit 25 euros en moyenne sur les maisons et appartements, 3 euros en moyenne sur les voitures.

Une hausse de 20 euros par an?

La hausse proposée est importante : la CCR, qui gère la réassurance des risques de catastrophes naturelles, souhaite une augmentation de 12 à 22% pour l'habitation, et de 6 à 16% sur les voitures. Sur une prime moyenne de 268 euros pour l'habitation, cela représente 20 euros de plus par an.

La fédération France Assureurs, qui rassemble les sociétés d'assurance privées, juge pour sa part la hausse trop élevée, dans une période d'inflation et de difficultés de pouvoir d'achat pour les Français. Elle propose d'augmenter de 12% à 18% la part de la surprime sur les contrats d'habitation, soit environ 12 euros par an (et donc un euro de plus par mois et par contrat). France Assureurs ne s'est pas prononcé sur la hausse de la surprime automobile.

Bruno Le Maire devra trancher

C'est le ministère de l'Économie qui doit trancher. Pour ce faire, Bercy attend la remise du rapport de Myriam Mérad et Thierry Langreney, chargés par le gouvernement d'une mission sur l'assurabilité des risques climatiques. Ils rendront leur copie à la fin de l'année. D'ici là, aucun commentaire du côté du gouvernement. 

Selon la Caisse centrale de réassurance, le coût des dégâts causés sur les constructions par la sécheresse en France en 2023 à 900 millions d'euros. Un montant toutefois inférieur à 2022, quand la sécheresse exceptionnelle avait coûté 3,5 milliards d'euros. 

Cette année, la facture est essentiellement liée au phénomène de retrait-gonflement des argiles, à cause de mouvements de terrain occasionnés par l'alternance de périodes de pluie et de sécheresse, qui fragilise les maisons individuelles.


Marianne ENAULT

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