Sécheresse : 2022, une année déjà historique

Sécheresse : peut-on être verbalisé pour l'arrosage de son jardin ?

Frédéric Senneville
Publié le 2 août 2022 à 13h53
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Une troisième vague de chaleur s'installe sur la France, qui vient déjà de traverser le mois de juillet le plus sec de son histoire.
L'Hexagone est désormais entièrement frappé par la sécheresse.
Des restrictions d'eau touchent tout le pays, et les contrôles se multiplient.

Leur visite inopinée peut surprendre. La police de l'environnement, encore mal connue du grand public, est fondée à contrôler si les restrictions d'eau appliquées à votre secteur sont respectées. Celles-ci sont décidées par les préfectures, et s'appliquent à tout ou partie de votre département, en fonction des seuils d'alerte repérés. La totalité du territoire métropolitain est désormais au minimum au seuil "vigilance" sécheresse, et les contrôles se multiplient, qui visent théoriquement autant les agriculteurs, les entreprises et les collectivités, que les particuliers.

En pratique, les agents chargés du contrôle privilégient la vérification des captages d'eau, qui peuvent par exemple être utilisés de façon indue par des agriculteurs pour l'arrosage de leurs exploitations. Si leur polo est floqué "police de l'environnement", ces agents appartiennent à l'office français de la biodiversité. Leur vigilance porte d'ailleurs avant tout sur le niveau des cours d'eau, pour éviter leur asséchement complet, et la disparition irrémédiable de leur faune aquatique et des écosystèmes. L'effort est concentré sur les zones les plus tendues, où les arrêtés préfectoraux sont les plus restrictifs.

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Le niveau le plus faible, celui de "vigilance" sécheresse, déclenche une campagne d'information à destination des particuliers et des professionnels, pour les inciter, sans les contraindre, à économiser l'eau. Les niveaux "alerte" et "alerte renforcée" sont graduellement plus exigeants. Les agriculteurs sont alors appelés à réduire leurs prélèvements, les arrosages des particuliers comme des professionnels sont réglementés par des horaires (pour éviter les phénomènes d'évaporation). L'alerte "renforcée", pour les cas extrêmes, peut aller jusqu'à l'interdiction totale de certains prélèvements. 

Les policiers de l'environnement doivent aller à l'essentiel. Sur le terrain, ils sont trop peu nombreux pour effectuer un contrôle exhaustif. Dans les Alpes-Maritimes par exemple, ils ne sont qu'une dizaine, même avec l'appui des effectifs de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer), pour couvrir un territoire d'un million d'habitants, dont la démographie est quintuplée en été. Même en multipliant les contrôles, comme c'est le cas depuis la seconde quinzaine de juillet, les infractions relevées restent minoritaires, et les verbalisations effectives peu fréquentes.

Inciter chacun à la responsabilité

Si vous arrosez votre jardin en dehors des horaires prescrits par la préfecture, ou que vous remplissez votre piscine en dépit d'une interdiction totale, vous risquez une amende de 1.500 euros (et jusqu'à 7.500 euros pour une personne morale). Mais il y a statistiquement peu de chance, faute de moyens, que les personnels chargés du contrôle s'intéressent à votre potager ou à votre jacuzzi. 

C'est pourquoi l'objectif recherché est avant tout pédagogique, comme on peut le voir dans le reportage en tête d'article : sensibiliser, faire passer le message, et compter sur la responsabilité individuelle. Sur le terrain, la difficulté est souvent de faire comprendre le lien entre la cause, souvent minuscule à l'échelle individuelle, et les conséquences catastrophiques sur les réserves d'eau. 

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Avec 9,7 millimètres de précipitations agrégées en France métropolitaine, juillet 2022 se place juste derrière le minima de 7,8 mm de mars 1961. C'est aussi nettement plus aride que le mois de juillet le plus sec, celui de 2020 (16,7 mm), selon Météo-France, dont les premiers relevés remontent à août 1958. Une vague de chaleur, la troisième cet été est en train de remonter du sud vers le nord du territoire. 


Frédéric Senneville

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