Sécheresse : 2022, une année déjà historique

Sécheresse : la France va-t-elle manquer d'eau potable ?

Aurélie Loek
Publié le 29 juillet 2022 à 20h33
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

La sécheresse se poursuit en France, à la veille d'une troisième vague de chaleur depuis le début de l'été.
Sans ressources, certaines communes sont obligées de rationner leur eau potable.
Une mesure qui ne devrait pas s'imposer à l'échelle nationale, malgré des réserves particulièrement basses.

Ressource rare, l'eau va-t-elle être rationnée ? Depuis juin, la France est touchée par une situation de sécheresse exceptionnelle, affectant fortement ses bassins hydriques, même ceux qui étaient, d'ordinaire, les moins exposés. Actuellement, ce sont 93 départements qui sont placés en état d'alerte sur les 96 que compte l'Hexagone, battant le record de 2019 où 88 départements avaient été soumis à des mesures de restrictions. 

"On vit une situation assez exceptionnelle, même si on a déjà eu des sécheresses ces dernières années", remarque Marillys Macé, directrice générale du Centre d'information sur l'eau. La faute à un hiver particulièrement sec durant lequel les nappes n'ont pas été assez rechargées avec des pluviométries très basses, amenant à un épisode de sécheresse précoce, dès le moins de juin. "Le changement climatique est là et son impact sur le cycle de l’eau est déjà observable", souligne donc Marillys Macé.

Des restrictions qui évitent un rationnement sévère

Face à des réserves en eau au niveau bas, des pénuries surviennent déjà localement. Quelques communes sont d'ores et déjà alimentés par des rotations de camions citernes, leur ressource en eau étant réduite. Une situation qui ne devrait toutefois pas s'étendre au niveau national. "Pénurie généralisée, non, parce que beaucoup de grandes villes ont des dispositifs de sécurité. Ça permet de passer l'été et d'atteindre l'hiver avec les prochaines recharges", explique Laurent Brunet, président de la commission scientifique et technique de la Fédération des Entreprises de l'Eau (FP2E), qui s'occupent de la distribution d'eau.

Ce représentant de la FP2E s'oppose également à toute mesure de rationnement préventive. La question avait pu se poser, notamment à Rome, lorsque la ville avait été confrontée à des pénuries d'eau en 2017. "Il faut tout faire pour l'éviter", assure Laurent Brunet, expliquant qu'une situation pareille pourrait poser des problèmes sanitaires tout en mettant en danger le bon fonctionnement du réseau d'eau. "Ce n'est jamais bon pour un réseau d'eau d'être coupé puis d'être remis en service." 

Pour Marillys Macé, les mesures de restriction d'eau mises en place avec les alertes sécheresse sont d'ailleurs faites pour éviter d'en arriver à cette situation. "Les arrêtés de restriction sont pris suffisamment en amont par les préfets pour permettre d'assurer le minimum vital" et la continuité de la distribution d'eau potable, explique-t-elle.

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La situation reste malgré tout préoccupante, si bien que c'est une politique de long terme permettant de gérer au mieux ce qui est parfois appelé "l'or bleu" qui est demandée. "Il faut agir sur deux dimensions : sur la demande et sur la disponibilité de l'eau", souligne Laurent Brunet. Il recommande donc que chacun fasse attention à sa consommation d'eau afin d'éviter tout gaspillage, avec un soin particulier, notamment, aux fuites d'eau liées à des canalisations défaillantes. En 2014, un rapport de l'ancien Office national de l'eau et des milieux aquatiques expliquait que "20% du volume d'eau potable introduit dans le réseau est perdu par fuites".

L'adoption de petits gestes permettrait d'éviter d'arriver à des situations extrêmes comme un rationnement d'eau strict. Afin d'améliorer "le stockage d'eau" et augmenter les quantités disponibles, les acteurs du secteur recommandent par ailleurs la désimperméabilisation des sols, la préservation des zones humides ou encore l'utilisation des eaux usées pour des usages qui ne nécessitent pas forcément de l'eau potable, comme pour de l'irrigation ou de l'arrosage. Car désormais, prévient Marillys Macé, face à cette perturbation du cycle de l'eau : "Il va falloir faire attention 365 jours par an."


Aurélie Loek

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