Tahiti : un récif exempt de tout signe de pollution découvert dans les profondeurs de l'océan

La rédaction de LCI
Publié le 20 janvier 2022 à 11h48
Des scientifiques ont découvert un récif de coraux géants en forme de rose et en bonne santé, à plus de 30 mètres de profondeur au large de Tahiti, une découverte importante alors que les récifs coralliens souffrent du changement climatique.

Des scientifiques ont découvert un récif de coraux géants en forme de rose et en bonne santé, à plus de 30 mètres de profondeur au large de Tahiti, une découverte importante alors que les récifs coralliens souffrent du changement climatique.

Source : Alexis Rosenfeld

BIODIVERSITÉ - Une équipe de scientifiques de l'Unesco a annoncé ce jeudi avoir découvert l’un des récifs coralliens sains les plus étendus jamais enregistrés au large de Tahiti. Il représente désormais une source d'espoir, alors que les récifs coralliens souffrent du changement climatique.

C'est une lueur d'espoir venue du fond des océans. Une équipe de scientifiques de l'Unesco a découvert l'un des plus grands récifs sains jamais enregistrés en dessous de 30 mètres, au large de Tahiti. Celui-ci, qui compte des coraux géants en forme de rose, serait préservé de toute pollution et des effets du changement climatique.

"L'état impeccable des coraux en forme de rose et l'étendue de la zone qu'ils recouvrent en font une découverte très inhabituelle", souligne l'Unesco dans un communiqué. Le récif s'étend sur trois kilomètres de long et entre 30 et 65 mètres de large, entre 35 et 70 mètres de profondeur, précise l'organisation. Certains coraux géants mesurent deux mètres de diamètre.

Pas de signes de "stress et de maladie"

Pour l'Unesco, il s’agit d'une découverte hors du commun car, jusqu'à présent, la grande majorité des récifs coralliens connus dans le monde se trouvent à des profondeurs allant jusqu'à 25 mètres. Cette découverte semble donc indiquer qu'il existe de nombreux autres grands récifs, situés à des profondeurs de plus de 30 mètres, dans ce que l’on appelle la "zone crépusculaire" de l’océan, dont nous ignorons tout simplement l’existence. "C'est une zone peu explorée. Ce que nous connaissons bien ce sont les zones comprises entre zéro et 30 mètres", explique à l'AFP Laetitia Hedouin, biologiste marine et spécialiste des coraux, du centre de recherche français CNRS et de l'organisme de recherche environnementale CRIOBE.

"Ces coraux ne présentent pas de signes de stress ni de maladie", poursuit-elle, alors que des coraux situés plus près de la surface en Polynésie française ont connu un épisode de blanchiment en 2019. Des étoiles de mer peuvent également ravager les coraux en les dévorant. "Nous avons perdu environ la moitié de nos récifs coralliens au cours des 70 dernières années", affirme à la chaîne Skynews Julian Barbiere, de l'Unesco. "Or les récifs coralliens sont très importants pour la santé des océans - nous savons qu'ils abritent environ 25% de toutes les espèces que nous trouvons dans l'environnement marin. Les récifs sont par ailleurs l'endroit où nous pouvons potentiellement trouver de nouvelles espèces et de nouveaux médicaments", poursuit-il.

Une découverte qui devrait en amener d'autres

L'expédition de plongée a eu lieu en novembre 2021, grâce à des équipements de plongée spécifiques pour descendre aussi loin. "L'équipe a effectué des plongées totalisant environ 200 heures pour étudier le récif et a pu assister à la ponte du corail", précise l'Unesco. "C’était magique de pouvoir observer ces magnifiques coraux géants en forme de roses qui s'étendent à perte de vue. C’était comme une œuvre d'art", affirme dans le communiqué Alexis Rosenfeld, photographe français et fondateur de la campagne 1 Océan, qui a mené la mission de plongée.

Des capteurs de température ont été déposés dans la zone. "Nous sommes au début d'un programme de surveillance que nous espérons à long terme", pour mieux comprendre pourquoi ce récif corallien n'a visiblement pas souffert du changement climatique et quelle est sa dynamique de population. Cette découverte pose aussi la question de "la prise en compte de ces zones profondes dans l'élaboration des aires marines protégées", souligne Laetitia Hedouin.

"L'état des connaissances des océans est encore limité, avec seuls 20% des fonds marins de la planète (...) cartographiés", souligne l'Unesco. D'autres plongées sont prévues dans les mois à venir pour étudier le récif et la vie marine qu'il abrite. L'Unesco travaillera également avec les communautés locales pour leur donner les outils dont elles ont besoin pour le protéger - comme la désignation d'aires marines protégées.


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