Troubles, guerres : le climat pourrait provoquer des "crises en cascade" en Russie, au Brésil ou en Chine

Annick Berger avec AFP
Publié le 21 juillet 2022 à 14h43
JT Perso

Source : TF1 Info

Le changement climatique a d'importantes répercussions à travers le monde.
Selon une étude, de grandes puissances régionales pourraient ainsi faire face à des "crises en cascade".
Ce pourrait notamment être le cas de la Russie, de l'Inde ou encore du Brésil.

Les effets du changement climatique se font déjà ressentir à travers le monde. Vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, tempêtes ou phénomènes extrêmes de plus en plus répandus... Ces événements pourraient avoir des répercussions dramatiques, et notamment sur certaines grandes puissances régionales, selon une étude du cabinet d'analyse Verisk Maplecroft. Selon le spécialiste de l'évaluation des risques, des pays comme la Chine, le Brésil, la Russie ou l'Arabie saoudite pourraient ainsi faire face à "des crises en cascade" dues aux impacts du changement climatique.

Pour arriver à cette conclusion, le cabinet s'est penché sur 32 points, comme les événements météorologiques, la situation politique ou économique des pays, la sécurité des approvisionnements ou encore la pauvreté ou les droits humains. Des critères qui permettent d'évaluer la capacité d'un État à affronter les crises liées au climat, comme les vagues de chaleurs qui touchent aujourd'hui l'Europe occidentale et les incendies et sécheresses qu'elles provoquent.

Selon les chercheurs, "certains facteurs économiques, sociétaux et politiques peuvent contribuer à protéger les nations contre ces menaces". Mais des pays comme le Mexique ou même la Chine, où certaines de ces protections sont fragiles, sont plus vulnérables à l'apparition de risque en cascade et leur intensification. Selon le rapport, "la gravité des vagues de chaleur, des tempêtes et des inondations s'accélère, tout comme l'horizon temporel de l'instabilité mondiale croissante, ce qui augmente les enjeux pour les gouvernements, les entreprises et les investisseurs".

Des pays pas préparés

Le cabinet d'analyse a ainsi classé les pays en trois catégories : "protégés", "précaires" ou "vulnérables". Sans surprise, les États les plus développés sont classés dans la première catégorie, combinant critères de richesse, gouvernance ou robustesse des infrastructures. Les pays pauvres, eux, se retrouvent pour la plupart en "vulnérable" tout comme certaines puissances régionales, comme l'Inde, l'Indonésie ou l'Afrique du Sud, classées dans cette catégorie. Par ailleurs, des États comme le Brésil, le Mexique, la Russie, l'Arabie saoudite, la Chine et le Vietnam apparaissent, eux, dans la catégorie "précaire".

"Le faible niveau d'investissements dans les risques secondaires démontre que la plupart des pays ne sont absolument pas préparés à faire face aux impacts du réchauffement, en matière politique, économique ou de développement", écrivent les analystes. Pour Will Nichols, responsable "climat et résilience" chez Verisk Maplecroft, les principales surprises viennent de la catégorie précaire, avec la présence du Brésil, de la Russie, de l'Arabie saoudite, de la Chine ou encore du Mexique.

"Le Brésil est en équilibre périlleux. Un petit rien pourrait le faire tomber dans la dernière catégorie et nous assistons à l'érosion des protections sociales et environnementales sous (le président Jair) Bolsonaro", explique-t-il à l'AFP. En Russie, les infrastructures énergétiques ou minières dans l'Arctique vont souffrir du réchauffement et si le phénomène est mal géré, l'économie du pays, qui repose sur ces revenus, va être mise à mal. "Des conditions favorables aux troubles, violences et au populisme, qui pourraient à nouveau mener à la guerre", relèvent les analystes.

Aider les plus vulnérables

Le Mexique, pourtant membre du G20, est "précaire" principalement en raison des répercussions possibles du changement climatique sur ses voisins, qui pourraient déclencher des vagues de migrations. "Ces risques ne sont pas contenus par les frontières politiques. Votre maison peut être en ordre, mais si celle de votre voisin ne l'est pas, ça peut sérieusement miner votre capacité à vous protéger", explique Will Nichols.

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En conséquence, "on peut se dire que les pays les plus protégés ont la responsabilité d'aider les vulnérables à se protéger, ce qui nous protège à notre tour", souligne l'analyste, alors que la promesse des pays riches d'une aide financière climatique de 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres n'est toujours pas tenue.


Annick Berger avec AFP

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