Un litre d'eau sur cinq distribués en France est perdu à cause de fuites, s'alarme ce mardi l'association UFC-Que Choisir.
Un quart des communes de moins de 1000 habitants perdent même un litre sur deux.
Les pouvoirs publics sont appelés à agir.

En pleine sécheresse, la France perd de l'eau. L'UFC-Que Choisir appelle ce mardi les pouvoirs publics à "mettre en œuvre un véritable plan de rénovation des réseaux d'eau", dans une France qui perd aujourd'hui un litre sur cinq du fait de fuites, une "gabegie économique et environnementale". L'association de défense des consommateurs, qui a analysé les données officielles de l'Observatoire national des services publics d'eau et d'assainissement, "sonne l'alarme sur le niveau considérable des pertes d'eau potable relevé et la faiblesse des mesures prises pour y remédier", au moment où "l'eau doit être plus que jamais économisée".

"De nombreuses agglomérations montrent qu'il est possible" de maîtriser les fuites, souligne l'enquête : Cholet (0%), Saint-Malo (0,9%), Saint-Brieuc (1,3%), Fréjus (2,1%)... Sur l'ensemble de la France, un litre sur cinq distribués (19,9%) est perdu, soit un milliard de m3 par an, équivalent à la consommation cumulée des agglomérations de Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux et Nice, soit 18,5 millions d'habitants, souligne l'UFC-Que Choisir.

À Évreux, 35% de l'eau est perdue

Douze agglomérations ont des taux de fuites supérieurs d'au moins dix points à la limite légale de 15%, fixée en 2012. Dans cinq d'entre elles, un litre sur trois disparaît : Évreux (35,5%), Aix-les-Bains (30,5%), Cavaillon (30,3%), Amiens (30,3%) et Sens (30%), selon l'association. Pour les communes rurales, les fuites autorisées peuvent monter jusqu'à 35%, du fait de leurs spécificités (budgets limités, réseaux ramifiés et étendus...). Mais environ un quart des communes de moins de 1000 habitants perdent dans les faits un litre sur deux.

L'association "presse" donc les pouvoirs publics de renforcer les aides venues des agences de l'eau aux collectivités prioritaires en matière de raréfaction de la ressource et de fuites, et d'augmenter le budget des agences en relevant les redevances prélèvement payées par les acteurs professionnels.

Selon l'UFC-Que Choisir, le réseau est composé à 55% de canalisations en matériaux fragiles (fonte grise, PVC collé, amiante-ciment), et pour partie très anciennes. En 2019, les Assises de l'Eau ont fixé un objectif de renouvellement de 1% par an. Cependant, aujourd'hui, le taux réel est de 0,67% : à ce rythme, il faudrait 150 ans pour renouveler le réseau, quand ces matériaux durent 50 à 80 ans, note l'UFC.


I.N avec AFP

Tout
TF1 Info