La Gironde ravagée par des incendies

Un milliard d'arbres plantés en dix ans : un "chantier écologique" majeur pour Emmanuel Macron

TD avec AFP
Publié le 29 octobre 2022 à 16h28
JT Perso

Source : JT 20h WE

Emmanuel Macron souhaite qu'un milliard d'arbres soient plantés en France dans les 10 années qui viennent.
Cela représente l'équivalent de "10% de notre forêt", assure le chef de l'État.
Une annonce qui suscite des réactions mitigées, chez les associations en particulier.

Emmanuel Macron s'est engagé vendredi à "la plantation d'un milliard d'arbres" à travers l'Hexagone "d'ici à dix ans". Cela représente l'équivalent de "10% de notre forêt", a-t-il souligné, une manière notamment de pallier la destruction de vastes surfaces boisées lors des incendies de forêts de l'été écoulé. 

Un milliard d'arbres ? "C'est faisable", estime le chef de l'État, pour qui il s'agit d'un "formidable chantier écologique et d'aménagement de notre territoire". Dans le même temps, il a évoqué l'instauration d'un "dispositif de financement public" pour permettre d'atteindre cet objectif, tout en appelant à la mobilisation des acteurs concernés. Il faut "que l'on travaille tous ensemble avec les professionnels, les collectivités, les opérateurs -comme l'ONF et le conservatoire du littoral- avec aussi nos jeunes, pour réussir cette planification".

Un objectif contesté

"Un milliard d'arbres en dix ans, c'est inatteignable", a réagi à Patrice Martin, secrétaire national du Snupfen Solidaires, premier syndicat à l'ONF. Il juge ce projet "infaisable humainement et techniquement" et insiste sur le fait qu'il "faut des bras pour planter, préparer le terrain, entretenir". Sans compter le fait qu'il "faut d'abord trouver les graines, élever les jeunes plants et les replanter". Un précédent plan de "repeuplement" des forêts de "50 millions d'arbres" sur la période 2020-22 est aussi mis en avant : doté d'un budget de 200 millions d'euros, il avait été conduit dans la précipitation aux yeux de certains, avec des choix d'essences jugées "contestables". 

De son côté, l'ONG Canopée estime que "planter des arbres ne fait pas une politique forestière", mettant en garde contre "une gestion forestière qui privilégie les coupes rases et les nouvelles plantations au détriment des écosystèmes". Si le président de la République n'a pas convaincu tous les acteurs du secteur, il a envoyé des signaux jugés positifs par Fransylva, la fédération des syndicats de forestiers privés. "Le président affiche une volonté : l'État ne va pas se désengager et les reboisements vont être financés", se réjouissent ses représentants, qui estiment nécessaire de "renouveler une forêt qui souffre du changement climatique".

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Suite aux annonces d'Emmanuel Macron, des élus ont signalé que le gouvernement envoyait des signaux contradictoires. Alors qu'il entend planter des arbres massivement, "le contrat d’objectif et de performances (2021/2025) de l’ONF prévoit la suppression de 500 postes", s'est par exemple émue la sénatrice socialiste et ancienne ministre Laurence Rossignol. Par voie de presse, le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a répondu à ces critiques. "Pour la première fois depuis vingt ans", les effectifs de l'ONF "ne baisseront pas en 2023", a-t-il assuré.

Rappelons qu'en France métropolitaine, la forêt couvre 17,1 millions d'hectares, soit 31% du territoire. Une surface en augmentation de 2,9 millions d'hectares depuis 1985, selon les chiffres de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN).


TD avec AFP

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