Un montant record des capacités d'exportations "réservées" par les marchés a été battu vendredi après-midi, a indiqué RTE, alors que le précédent datait du 22 février 2019.Ces bons chiffres s’expliquent notamment par la période de vacances, des températures élevées et une meilleure disponibilité du parc nucléaire.La France avait pourtant dû importer de l'électricité en 2022, ce qui n'était plus arrivé depuis 42 ans.
En février 2019, un hiver très doux en France avait été synonyme de consommation d'électricité en berne et d’exportations élevées. Le même scénario se rejoue près de cinq ans plus tard. Vendredi 22 décembre, la France a exporté un volume record d'électricité vers ses voisins, a appris ce mardi 26 décembre l’AFP auprès de Réseau de transport d’électricité (RTE), confirmant une information des Echos.
Le montant des capacités d'exportations "réservées" par les marchés a atteint quelque 18.680 mégawatts (MW) vendredi à 16 heures, contre 17.415 MW, lors du précédent record établi le 22 février 2019, a indiqué RTE. Le volume effectif d'exportation peut varier à la marge jusqu'à une heure avant l'heure dite, a précisé RTE, qui n'était pas en mesure de fournir les données corrigées dans l'immédiat. Cette électricité a été exportée vers le Royaume-Uni (3 gigawatts), l'Allemagne et le Bénélux (5,4 GW), la Suisse (3,2 GW), l'Italie (4,4 GW) et l'Espagne (2,6 GW), a détaillé le gestionnaire du réseau électrique.
Les raisons de ces exportations record sont multiples. "Il y a un besoin en ce moment qui est un peu plus faible en consommation en France, puisqu'on est dans une période de vacances", a expliqué RTE. Dans son rapport mensuel, indiquent Les Echos, RTE rappelle que la consommation d’électricité reste en moyenne, sur un mois, 8% en dessous de son niveau d'avant le Covid-19, hors effet météo.
Des coûts de production "compétitifs"
Outre les départs en congés, "les températures la semaine dernière ont été élevées pour la saison, notamment le jeudi", où elles "ont pu être de 4 à 6 degrés au-dessus des normales de saison", a indiqué Météo-France à l'AFP. Cela explique également les moindres besoins en électricité de l'Hexagone. Par ailleurs, la production éolienne a été très abondante ces derniers jours, rappelle Les Echos : dopée par des vents importants, elle a atteint plus 17.000 MW jeudi dernier. De quoi peser à hauteur de 23% dans le mix électrique français, contre 9% en moyenne sur l'année 2022.
En outre, RTE met en avant des coûts de production "compétitifs", étant donné que "la disponibilité de tous nos moyens de production, notamment du nucléaire", a augmenté par rapport à 2022. Placée dans une situation inédite à cause de problèmes de corrosion détectés sur plusieurs réacteurs nucléaires, la France avait dû importer de l'électricité en 2022, ce qui n'était plus arrivé depuis 42 ans. Depuis, "une proportion notable du parc nucléaire a pu être contrôlée et réparée au cours de l'année", avait signalé RTE début novembre.
Le gestionnaire du réseau avait alors considéré comme "faible" le risque de coupure d'électricité cet hiver, contrairement à l'an dernier, lorsque la crise de la corrosion sous contrainte - la fissuration d’un matériau au contact d’un environnement chimique - avait rendu indisponibles de nombreux réacteurs et fait chuter la production nucléaire à son plus bas niveau depuis 30 ans.
