VIDÉO - Une jeune orque "affaiblie" repérée dans la Seine

Aurélie Loek
Publié le 25 mai 2022 à 12h02, mis à jour le 26 mai 2022 à 12h14
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Depuis début avril, une jeune orque mâle est observé dans l'estuaire de la Seine, semblant faire des allers-retours entre le Havre et Rouen.
Les spécialistes s'inquiétaient de son état de santé, qui serait en train de se dégrader.

C'est une rencontre exceptionnelle qu'on fait plusieurs remorqueurs du Havre le 16 mai dernier. Alors qu'ils étaient près du pont de Normandie, à Honfleur, ils ont aperçu la nageoire dorsale d'un orque qui se baladait dans la Seine. L'animal avait déjà été aperçu près des côtes normandes début avril. Il se serait rendu par la suite jusqu'à Barneville-sur-Seine, dans l'Eure, à vingt kilomètres de Rouen.

Selon le groupe d'études des cétacés du Cotentin (GECC), qui suit les déplacements de l'orque, l'animal mesure près de quatre mètres, une taille plus petite par rapport à la taille moyenne d'une orque, qui pourrait signifier la présence d'un jeune spécimen. En observant son aileron, les spécialistes ont déterminé que l'animal était un mâle. Le GECC a par ailleurs alerté sur l'état de santé "très dégradé" de l'orque.

"Le pronostic vital est engagé. On est vraiment très très inquiets", a expliqué à l'AFP Gérard Mauger, vice-président du GECC. L'animal serait très amaigri et semble continuer de remonter la Seine à l'intérieur des terres, n'augurant pas une amélioration de son état. En effet, si une orque peut supporter l'eau douce, elle doit normalement ne pas y rester trop longtemps.

"Son état de santé fait que c'est plus confortable pour elle d'être dans un fleuve parce que c'est moins agité. Elle dépense moins d'énergie", mais "c'est plus compliqué pour se nourrir : il y a moins de proies qu'en mer. Et elle est toute seule alors que ce sont des animaux qui chassent en meute", a indiqué Gérard Mauger.

La présence de cette espèce dans la Manche est très exceptionnelle. Si des orques sont observés en Europe, ils sont principalement vus en Écosse, en Islande, en Norvège et dans le golfe de Gascogne, au large du Portugal. Comme tout animal sauvage, des tentatives pour l'aider pourraient surtout contribuer à augmenter son stress. Rien n'est donc prévu pour le moment pour aider l'animal. Par ailleurs, il est dangereux de l'approcher parce qu'il peut transmettre d'éventuels virus ou provoquer un accident en bougeant. L'orque est une espèce protégée, toute perturbation intentionnelle est donc punie par la loi.


Aurélie Loek

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