Impact positif

Université d'été de l'économie de demain : "Il ne faut pas combattre l'ancien modèle, mais le démoder progressivement"

Propos recueillis par Sylvia AMICONE
Publié le 27 août 2021 à 12h06, mis à jour le 27 août 2021 à 13h38
Université d'été de l'économie de demain : "Il ne faut pas combattre l'ancien modèle, mais le démoder progressivement"

Source : : Quentin Chevrier

INTERVIEW - Les entrepreneurs et dirigeants engagés se donnent rendez-vous à Paris jusqu'à ce vendredi aux Universités d’été de l’économie de demain. À cette occasion, nous avons rencontré Jean Moreau, co-président du Mouvement Impact France et organisateur de l’événement. Celui-ci est soucieux de mettre en avant un modèle économique plus respectueux de l’homme et de l’environnement.

Les Universités d’été de l’économie de demain s’achèvent ce vendredi 27 août à la Cité Universitaire de Paris. Troisième édition pour cette Université qui rassemble plus de 7000 dirigeants et entreprises à impact, soucieux de mettre en avant un modèle économique plus respectueux de l’homme et de l’environnement. L’occasion également de faire des propositions à dix mois de la présidentielle. Rencontre avec le co-président du Mouvement Impact France, organisateur de l’événement, Jean Moreau. 

Vous avez pris de l’envergure depuis votre première édition il y a deux ans. Quand on voit les salles combles aujourd’hui, les réseaux qui vous rejoignent, comment qualifiez-vous votre évolution ?

On est une forme de Medef des entrepreneurs engagés et responsables. On est une alternative, on cherche non pas à combattre l’ancien modèle mais à le démoder progressivement. Il ne représente plus ce qu’est devenu le monde aujourd’hui et ne correspond plus aux aspirations des nouvelles générations. On essaie à notre échelle de construire un autre modèle, cela va prendre du temps car on est encore tout petit, mais il y a de la place pour construire à côté du Medef une nouvelle voix et une nouvelle incarnation de l’entrepreneuriat.  Au départ, on était une petite Université d’été, on nous prenait pour des hurluberlus qui prêchaient dans le désert mais aujourd’hui, les deux événements sont presque mis au même niveau.

On doit pouvoir mettre en place un Impact Score pour noter les entreprises sur des critères sociaux et environnementaux

Jean Moreau

Qui dit Université d’été dit aussi propositions, nous sommes en année présidentielle, vous en avez formulé cinq dont celle-ci : rendre obligatoire un Index de l’Impact Ecologique et Social pour les entreprises de plus de 50 salariés. Expliquez-nous ?

C’est une proposition phare, elle part du succès du Nutriscore qui a fait changer les comportements de consommation. Sur la base de ce succès, on doit pouvoir mettre en place un Impact Score pour noter les entreprises sur 12 critères, dont l’impact social et environnemental, l'impact écologique, le partage de la gouvernance et le partage de la valeur. Avec cet Index, très accessible pour le grand public, les candidats pourront choisir leurs entreprises,  les investisseurs les projets qu’ils souhaitent financer, les consommateurs les services qu’ils vont acheter, et les donneurs d’ordre des sous-traitants plus vertueux. On espère que les candidats vont s’en emparer, on va par exemple demander à  Yannick Jadot qui est venu aux Universités de choisir et de s’engager sur une proposition. On ira à la rencontre des autres candidats.

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On a beaucoup parlé du monde d’après pendant la crise sanitaire, est-ce que certaines entreprises sont en train de le mettre en œuvre ? Ou ce n’était juste que des mots ?

J’y crois sinon je ne serais pas là ! Il y a des signaux qui vont dans la bonne direction. Notre réseau était historiquement constitué de membres de l’Économie Sociale et Solidaire. Aujourd’hui, on a réussi à embarquer des entreprises qui étaient beaucoup plus loin de ces sujets : la Maif, Aigle, le Bon Coin, BioCoop, le Slip Français. Ils s’y mettent et ils ont des engagements forts. Il y a aussi toute la Tech For Good, ces rapprochements ont rendu le mouvement plus désirable pour les nouvelles générations. Les groupes n’auront pas le choix, car les consommateurs, les talents se rapprochent de plus en plus de nos sujets, et les financeurs aussi. Ils sont de plus en plus à la recherche de projets à impact positif ou à impact carbone neutre. Aujourd’hui, on n’est plus dans la compensation. Il ne suffit plus d’avoir une Fondation qui replante des arbres. Désormais, il est facile de voir qui a une politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE) sincère. Il suffit de voir à quoi la RSE est rattachée dans l’organigramme. Plus elle est rattachée à l’opérationnel et à la direction générale et mieux ça sonne !


Propos recueillis par Sylvia AMICONE

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