Reste à charge, pompes à chaleur et confort d'été… Voici les nouveautés de Ma Prime Rénov'

Publié le 11 octobre 2023 à 19h55, mis à jour le 11 octobre 2023 à 20h25

Source : TF1 Info

Pour atteindre 200 000 rénovations globales dès l'année prochaine, le gouvernement veut simplifier le dispositif d'aides.
Au 1er janvier 2024, les barèmes vont changer avec pour objectif de diminuer le reste à charge des ménages les plus modestes.
Les subventions seront aussi ciblées sur les pompes à chaleur pour remplacer les chaudières au fioul et au gaz ainsi que sur les travaux pour le confort d'été.

Pour atteindre ses objectifs en matière de rénovation énergétique des maisons et appartements, le gouvernement mise sur une simplification du dispositif Ma Prime Rénov' et une hausse de son budget. Dès l'année prochaine, 1,6 milliard d'euros supplémentaires seront consacrés au sujet, en plus des 5 milliards d'euros déjà prévus. Le but est d'atteindre 200 000 "rénovations performantes" en 2024, contre 65 000 en 2022 : il s'agit de rénovations globales, qui incluent plusieurs gestes, parmi lesquels l'isolation des fenêtres et des combles, celle des murs par l'extérieur et le changement de système de chauffage.

L'idée est de favoriser ce type de rénovations, qui sont bénéfiques à la fois en termes de gain énergétique et pour les budgets des ménages, plutôt que les gestes uniques, moins efficaces, voire contreproductifs parfois. Le gouvernement veut sortir ces mono-gestes du parcours d'aides, et les rendre plus généreuses à partir de deux gestes (isolation et chauffage par exemple).

 "La volonté est de ne plus permettre des mono-gestes dans des passoires énergétiques : on ne veut plus de pompe à chaleur dans des maisons passoires", explique l'entourage de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

Il sera toujours possible de financer un seul geste de rénovation

Mais concrètement, seules les passoires thermiques côté maison seront sorties du dispositif en cas de geste unique et leurs propriétaires accompagnés vers une rénovation globale.

Pour les autres cas :

- les propriétaires d'appartement auront toujours le même accès aux aides, qu'ils envisagent des petits ou gros travaux.

- les propriétaires de maisons qui ne sont pas des passoires thermiques et qui disposent déjà d'une bonne isolation, pourront faire financer des travaux destinés à améliorer leur système de chauffage, pour installer une pompe à chaleur par exemple. "Cela doit permettre d'accélérer sur la décarbonation, en sortant des chaudières au fioul ou au gaz", explique-t-on dans l'entourage du ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu.

- Pour les copropriétés ou certains cas particuliers (par exemple, lorsque des travaux multiples ne sont pas possibles), un seul geste de rénovation pourra encore être financé dans le cadre de Ma Prime Rénov'.

Jusqu'à 90% des travaux pris en charge pour les plus modestes

Pour inciter les rénovations globales, qui coûtent chères, entre 60 000 et 80 000 euros de travaux en moyenne, les barèmes vont être revus. L'objectif affiché est de diminuer le reste à charge pour les ménages les plus modestes. Ainsi, en combinant Ma Prime Rénov' et les certificats d'économie d'énergie (CEE, un dispositif mis en place en 2005 pour faire financer des travaux par les fournisseurs d'énergie eux-mêmes), ils pourraient voir jusqu'à 90% du montant des travaux pris en charge sur un montant maximum de 70 000 euros. 

Dans le détail : 40 000 euros quand les travaux permettent au bien de passer d'une classe énergétique à une autre ; 55 000 euros pour trois classes ; jusqu'à 70 000 euros pour un saut de 4 classes qui permet au bien de sortir du statut de passoire énergétique.

Par exemple, un couple avec enfants dont la maison, classée F, se retrouve étiquette B sur son diagnostic de performance énergétique (DPE) après des travaux d'ampleur, les verra financer à 85% contre 50% aujourd'hui.

Pour les accompagner, le dispositif Mon Accompagnateur Rénov' va être rendu obligatoire à partir du 1er janvier pour les chantiers les plus importants. Cette personne qualifiée sera présente aux côtés des ménages pendant la durée du chantier, avec l'objectif de lutter aussi contre les fraudes.

Deuxième pilier du dispositif : le déploiement massif de pompes à chaleur, avec un barème de prise en charge qui va aussi augmenter : 100% pour les ménages très modestes dans une limite de 2 000 euros, 80% pour les ménages modestes, 40% pour les foyers intermédiaires et 20% pour les plus aisés. Cet accompagnement pourra aller jusqu'à 4 000 euros pour l'habitat indigne. Cette accélération doit être permise par le développement de la filière des pompes à chaleur en France.

Pour les foyers dont le reste à charge demeure un frein aux travaux, le gouvernement veut aussi simplifier l'accès à l'éco-PTZ, ce prêt à taux zéro pour la rénovation énergétique.

Enfin, le gouvernement veut lutter contre les "bouilloires énergétiques". Il s'agit d'améliorer le confort d'été dans les maisons et les appartements. Cela peut être des systèmes de pompe à chaleur air/air pour rafraichir l'atmosphère intérieure pendant l'été, des ventilateurs, des protections solaires sur les volets et des filtres sur les fenêtres par exemple. 

Pour accompagner cette montée en puissance, la fiabilité du DPE va être améliorée, la formation et les contrôles des diagnostiqueurs vont être renforcés, davantage de structures auront le label RGE (reconnu garant de l'environnement) pour donner des garanties de qualité des travaux aux particuliers. 

Il faudra aussi recruter dans le monde de la rénovation : selon France Stratégie, il va manquer 200 000 bras d'ici à 2030.


Marianne ENAULT

Tout
TF1 Info