Le 20H de TF1 a utilisé ce lundi la technologie de "vidéo volumétrique" afin d'expliquer de façon pédagogique les conséquences et les défis du réchauffement climatique.
Évelyne Dhéliat, la spécialiste météo de TF1, décrypte dans ce format inédit les raisons pour lesquelles des épisodes de sécheresse sont appelés à se multiplier en France.

L'été 2022, avec ses 40 degrés et sa sécheresse exceptionnelle, a marqué les esprits. Cela ne fait désormais plus aucun doute, le changement climatique augmente considérablement la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur. Selon les experts du climat, ce n’est qu’un petit avant-goût ce qui nous attend à l'horizon 2100, en tout cas si rien n’est fait pour limiter dès à présent les émissions de gaz à effet de serre générées par l’activité humaine et ainsi éviter le scénario du pire, avec un réchauffement qui atteindrait en France métropolitaine les 4 degrés d'ici à la fin de ce siècle. 

À quoi ressemblerait la France si la température mondiale augmentait de 2, 3 ou 4 degrés ? En utilisant la technologie dite de "vidéo volumétrique", une première pour un journal télévisé en France, le 20H de TF1 a diffusé ce lundi 22 mai un reportage qui explique de façon pédagogique les rouages du réchauffement climatique et l'ampleur du désastre qui nous attend si nous n'agissons pas pour réduire nos émissions. Le journaliste Yani Khezzar et Évelyne Dhéliat, la cheffe du service météo de TF1 et LCI, y expliquent comment la mécanique bien huilée du cycle naturel de l’eau est perturbée à cause du réchauffement de la planète.

Dérèglement climatique : qu'est-ce que ce format inédit du 20H de TF1 ?Source : TF1 Info

Le réchauffement détraque la mécanique du cycle de l'eau

Pour bien comprendre ce qui se joue au-dessus de nos têtes, il faut d'abord se remémorer quelques leçons de SVT. Petite piqûre de rappel : une partie de l’eau des océans s’évapore sous l’action du Soleil et forme, avec la condensation, des nuages dans le ciel. Cette eau redescend ensuite sous forme de pluie ou de neige et s’infiltre dans le sol ou la glace des montagnes. Mais à mesure que la température globale augmente sur notre planète, ce cycle naturel se dérègle. Et ce n'est pas sans conséquences.

"La hausse des températures accélère bien évidemment l’évaporation de l’eau qui se trouve dans les sols, les rivières ou les mers. Qui dit plus d’eau qui s’évapore dit plus d’eau qui s’accumule dans les nuages, et qu’il faut forcément relâcher. Cela va se traduire par des pluies plus fortes que l’on aura dans l’avenir", décrypte, dans la vidéo en tête de cet article, Évelyne Dhéliat. Le hic, c'est qu'on aura aussi pratiquement la même quantité de pluie a priori. "Donc, des pluies plus fortes, mais plus rares et donc une sécheresse qui s’accentue comme ce qu’on l’on connaît actuellement", souligne-t-elle.

La perspective d'épisodes de sécheresse à répétition pourrait menacer notre agriculture. Mais elle met aussi en danger nos forêts en augmentant le risque de feux de forêt. Selon des estimations, les méga-feux comme ceux de l'été dernier pourraient être 60% plus fréquents d’ici à la fin du siècle. Alors que les arbres absorbent énormément de CO2 tout au long de leur vie, ils relâchent tout dans l’atmosphère lorsqu’ils brûlent, ce qui participe aussi au réchauffement. Il devient urgent d'agir. La période 2023-2027 sera avec quasi-certitude la plus chaude jamais enregistrée sur Terre.


M.D. | Reportage vidéo (en réalité augmentée) Yani Khezzar et Christophe Aragona, avec Evelyne Dhéliat

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