Dugongs, gorilles des plaines, lynx... Ces espèces sauvages en "alerte rouge"

F.R avec AFP | Reportage TF1 Ludovic Romanens et Julien Bervillé
Publié le 13 octobre 2022 à 17h36
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Source : JT 20h Semaine

La WWF a publié ce jeudi un rapport qui pointe le lien entre perte de biodiversité et réchauffement climatique.
Depuis 1970, la planète a perdu près de 70% de sa faune sauvage.
Partout dans le monde, de nombreuses espèces sont plus que jamais menacées de disparition.

Au large de la ville égyptienne de Marsa Alam, au cœur de la mer Rouge, l'une des dernières colonies de dugongs fait la fierté des plongeurs. Cet animal marin, à mi-chemin entre le morse, l'éléphant de mer et l'otarie, est communément appelé la vache des mers. Malgré une espérance de vie de 70 ans en moyenne, il ne resterait qu'environ 40.000 dugongs dans le monde, comme l'explique la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. Chassé pour sa viande et impacté par la pollution et le tourisme de masse, le mammifère marin fait désormais partie des espèces menacées.

Et les dugongs sont loin d'être un cas isolé : selon l'évaluation de référence du Fonds mondial pour la nature (WWF), publiée ce jeudi 13 octobre, la planète a perdu en moyenne près de 70% de ses populations d'animaux sauvages - poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles - en une cinquantaine d'années. Plus précisément, depuis 1970, le déclin moyen des populations de vertébrés est de  - 69%. Un chiffre en hausse : il était de - 68% en 2020, et de - 60% en 2018.

Destruction d'habitats naturels, braconnage, changement climatique...

"Le message est limpide. Tous les voyants sont au rouge", s'alarme Marco Lambertini, directeur général de WWF International, dans "l'Indice Planète vivante", un rapport réalisé tous les deux ans à partir de données scientifiques collectées sur 5.230 espèces de vertébrés, répartis en quelque 32.000 populations d'animaux à travers le monde. 

En cause, en premier lieu, la destruction des habitats naturels, au profit notamment de l'agriculture. Viennent ensuite la surexploitation et le braconnage. Le troisième facteur est le changement climatique, mais son rôle "augmente très, très vite", met en garde Marco Lambertini. La pollution de l'air, de l'eau et du sol, ainsi que la dissémination par l'homme des espèces invasives expliquent également cette perte massive de biodiversité.

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Les conséquences se font ressentir partout sur le globe : en Amérique Latine, le WWF constate 94% de disparition en moyenne dans la région, "réputée pour sa biodiversité" et "décisive pour la régulation du climat". En Europe, la population d'animaux sauvages a diminué de 18% en moyenne, et 66% en Afrique.

Ce rapport est une "alerte rouge pour la planète et donc pour l'humanité", a averti le directeur général de WWF International lors d'une conférence de presse internationale en ligne. 

Des espèces sauvages extrêmement menacées

Gorilles des plaines, tortues luth, dugongs, requins, coraux, rainettes font ainsi partie des "icônes de la biodiversité" les plus menacées. Ces dernières, "aussi précieuses qu’indispensables à l’équilibre de nos écosystèmes" "diminuent à un rythme alarmant", regrette la WWF.

Dans son rapport, pour illustrer la brutalité de cette réalité, l'ONG prend notamment en exemple la tortue luth, dont la population "se raréfie de façon très rapide avec une chute de 60% de sa population" en Atlantique Nord. Dans l'Ouest de la Guyane, "la tendance est pire avec une perte de plus de 95% en vingt ans". Comme nombre d'autres espèces, plusieurs menaces planent sur la tortue luth : la pêche illégale, le changement climatique qui accélère l'érosion des plages et augmente la température du sable, qui déséquilibre le nombre de jeunes tortues mâles et femelles et bouleverse la reproduction de l'espèce. 

Espèces menacées : plus de 200 000 animaux déjà suivis depuis l'espaceSource : JT 20h WE

Alors que le sommet international de la COP15 Biodiversité approche - il se tiendra en décembre à Montréal -, "le WWF appelle les gouvernements à se saisir de cette ultime opportunité en adoptant un accord mondial ambitieux pour sauver les espèces sauvages", similaire à l'accord de Paris de 2015 sur le changement climatique. 

Et l'ONG de prévenir que si le réchauffement climatique n'est pas limiter à 1,5°C, ce dernier "deviendra la principale cause de perte de biodiversité au cours des prochaines décennies". "La hausse des températures entraîne déjà des phénomènes de mortalité massive, ainsi que des extinctions d’espèces", souligne le rapport.


F.R avec AFP | Reportage TF1 Ludovic Romanens et Julien Bervillé

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